Jeudi 16 Mars 2006
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INTERVIEW EXCLUSIVE DE ABDEREZZAK EL PARA !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Le plan national de lutte contre la grippe aviaire a été adopté par
l’APN. Il a été également adopté par le Sénat. Ne reste plus
maintenant que l’aval du…

Madjliss Echoura du GIA

— Abderezzak El Para, nous souhaiterions avoir votre avis sur
l’état de notre développement et sur les possibilités de le promouvoir.
— Merci de me donner l’occasion de m’exprimer sur le devenir de
mon beau et grand pays. Le développement de l’Algérie ne peut plus
se suffire du bricolage habituel et des approximations ambiantes. Il
faut en finir avec les anciennes options. Prenez un domaine comme
le tourisme. Comment expliquer qu’une étendue aussi vaste et aussi
riche que notre Sud soit si mal exploitée ? C’est une région que je
connais comme ma poche. Et je sais que si nous arrivons à la mettre
en valeur, les touristes étrangers et donc la devise vont se déverser
«afwadjen afwadjen» sur cette région et dans nos caisses.
— Mais, Monsieur El Para, qu’est-ce qui empêchait jusque-là le
tourisme dans le Grand Sud de prospérer ?
— L’insécurité, mon brave ! Cette région était infestée de bandits
de grands chemins et de coupeurs de routes jamais tracées.
Maintenant, elhamdoulillah, la paix est revenue et nous pouvons arriver
à faire de notre désert une véritable pompe à fric.
— Mais le tourisme seul ne peut pas sortir tout un pays du marasme
!
— Tout à fait ! Au plan des hydrocarbures, il faut complètement
revoir la question. Pour ma part, je refuse de me laisser enfermer
entre les deux courants dominants, celui qui prône la libéralisation
totale du secteur et celui qui voudrait revenir à l’époque de l’ultra-protectionnisme
et des nationalisations tous azimuts. Il y a nécessairement
une 3e voie. Car, comme le dit le dicton, «khayrou'l oumour
awssatouha».
— Et elle consiste en quoi, cette 3e voie ?
— Je ne sais pas encore. Mais elle doit pouvoir se trouver entre
Hassi Berkine, Gassi Touil et le pipeline de Aomar.
— Dans un tout autre domaine, Monsieur El Para, l’Algérie a des
frontières…
— Ah bon ?
— Je disais donc que l’Algérie a des frontières. Et ces frontières
doivent être sécurisées. Le débat actuel tourne justement autour de
la délicate question de la professionnalisation de l’armée. Quel est
votre avis sur cette question ?
— Délicate question mais pas insurmontable ! Là aussi, il faut
avoir le courage de prendre les bonnes décisions.
— Lesquelles, par exemple ?
— Redonner leurs chances aux cadres de l’armée injustement
radiés.
— Soyez plus précis !
— Prenez un corps d’élite comme celui des parachutistes.
Comment peut-on se passer des services de ces centaines de paras
injustement marginalisés. C’est une honte !
— Vous pensez à quelqu’un en particulier, Monsieur El Para ?
— Non ! A personne en particulier. Je me contente juste de fumer
du thé et de rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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