Dimanche 19 Mars 2006
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ET C’EST LA FAUTE A QUI ? A NOUS, BIEN SUR !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Changement imminent au sein du gouvernement avec l’introduction attendue d’un nouveau ministère.»

Le ministère des Anciens terroristes

Heureusement que Soltani, Saint patron du MSP, a réagi en exigeant de la presse qu’elle «arrête d’offenser les terroristes qui viennent d’être libérés». Sinon, où allions-nous ? Si n’importe quel plumitif se met à fustiger du tango, c’est la fin de tout. Nous, femmes et hommes de presse, sommes des gens méchants, sans sensibilité aucune, impitoyables, rancuniers, vindicatifs, râleurs, forcenés et maladivement tatillons. Regardez comme nous nous acharnons sur ces pauvres GIA, GSPC, MIA, FIDA, Al Qaïda qui sortent de prison. De gentils personnages rendus à la liberté dans un état de fragilité extrême, psychologiquement diminués et affectivement en manque. Au lieu d’ouvrir nos grosses gueules et de dénoncer le lâcher massif de criminels intégristes, nous aurions dû nous pointer devant Serkadji et El Harrach, parsemer les parvis de ces deux pénitenciers de fleurs fraîchement coupées pour que les libérés posent leurs pieds délicats sur ce matelas fleuri. Nous aurions dû nous habiller de sacs de jute et de sandales de cordes, tenir sur nos bras tendus des oreillers de velours délicat avec posées dessus les clés de nos villes et villages en guise d’offrande à ces ex-détenus. Et à la place, qu’avons-nous fait ? Qu’a fait la presse indépendante du bon vouloir du régime ? Elle s’amuse quotidiennement à «offenser et à blesser» les tangos en goguette. Des combattants valeureux qui n’ont commis aucun crime. Ils ont tué en série et collectivement, certes ! Ils ont violé en série et collectivement, certes ! Ils ont posé des bombes, certes ! Ils ont tendu des embuscades à des convois civils et militaires, certes ! Ils ont enfourné des bébés et les ont jetés contre des murs, certes ! Ils ont égorgé des parents en présence de leurs enfants, certes ! Ils ont aussi fait l’inverse, certes ! Ils ont jeté des corps par centaines dans des puits sépultures, certes ! Mais est-ce une raison suffisante pour les offenser aujourd’hui ? Car, à bien y réfléchir, qu’est-ce que 200 mille morts, des milliers de viols, des dizaines de milliers de corps brûlés, des centaines de puits et de fosses communes bourrés d’ossements ? Rien ! Juste un point de détail, comme dirait l’autre. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H.L.

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