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«Changement imminent au sein du gouvernement avec l’introduction
attendue d’un nouveau ministère.»
Le ministère des Anciens terroristes
Heureusement que Soltani, Saint patron du MSP, a réagi en exigeant de la
presse qu’elle «arrête d’offenser les terroristes qui viennent d’être libérés».
Sinon, où allions-nous ? Si n’importe quel plumitif se met à fustiger du tango,
c’est la fin de tout. Nous, femmes et hommes de presse, sommes des gens
méchants, sans sensibilité aucune, impitoyables, rancuniers, vindicatifs,
râleurs, forcenés et maladivement tatillons. Regardez comme nous nous acharnons
sur ces pauvres GIA, GSPC, MIA, FIDA, Al Qaïda qui sortent de prison. De gentils
personnages rendus à la liberté dans un état de fragilité extrême,
psychologiquement diminués et affectivement en manque. Au lieu d’ouvrir nos
grosses gueules et de dénoncer le lâcher massif de criminels intégristes, nous
aurions dû nous pointer devant Serkadji et El Harrach, parsemer les parvis de
ces deux pénitenciers de fleurs fraîchement coupées pour que les libérés posent
leurs pieds délicats sur ce matelas fleuri. Nous aurions dû nous habiller de
sacs de jute et de sandales de cordes, tenir sur nos bras tendus des oreillers
de velours délicat avec posées dessus les clés de nos villes et villages en
guise d’offrande à ces ex-détenus. Et à la place, qu’avons-nous fait ? Qu’a fait
la presse indépendante du bon vouloir du régime ? Elle s’amuse quotidiennement à
«offenser et à blesser» les tangos en goguette. Des combattants valeureux qui
n’ont commis aucun crime. Ils ont tué en série et collectivement, certes ! Ils
ont violé en série et collectivement, certes ! Ils ont posé des bombes, certes !
Ils ont tendu des embuscades à des convois civils et militaires, certes ! Ils
ont enfourné des bébés et les ont jetés contre des murs, certes ! Ils ont égorgé
des parents en présence de leurs enfants, certes ! Ils ont aussi fait l’inverse,
certes ! Ils ont jeté des corps par centaines dans des puits sépultures, certes
! Mais est-ce une raison suffisante pour les offenser aujourd’hui ? Car, à bien
y réfléchir, qu’est-ce que 200 mille morts, des milliers de viols, des dizaines
de milliers de corps brûlés, des centaines de puits et de fosses communes
bourrés d’ossements ? Rien ! Juste un point de détail, comme dirait l’autre. Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H.L.
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