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“Quand aura lieu le remaniement ministériel ? Juste après
la libération de Abderezzak El Para et un peu avant la
libération de Boumaârafi.”
Cé logik !
Ainsi donc, le 25 mars, samedi prochain, devrait se tenir un Conseil des
ministres extraordinaire. Extraordinaire, parce qu’il va se pencher sur les
modalités de réintégration des anciens terroristes et des anciens du SIT dans
“leur” travail. En clair et en décodé, toute une flopée de super ministres, de
ministres, de ministres délégués, avec à leur tête Ahmed Ouyahia, et par-dessus
la tête de tout ce beau monde Abdekka, vont se pencher jusqu’à s’en rompre les
vertèbres dorsales et cervicales sur le retour des intégristes dans les
entreprises où ils ont déjà sévi par le passé. C’est vrai que la question mérite
tout cet aréopage, tout ce déploiement de hauts responsables. Car enfin, si les
tangos libérés se sont plutôt montrés satisfaits de la manière dont on les a
fait accueillir à leur sortie de prison, s’ils ont été ravis de la qualité et du
confort des voitures venues les chercher jusque devant la porte du pénitencier,
s’ils ont vachement aimé la manière dont les institutions concernées ont été
instruites d’accélérer les procédures d’indemnisation, s’ils ont été
littéralement charmés par la marge de manœuvre et de parole qu’on leur a laissée
une fois hors de l’univers carcéral et s’ils ont fortement apprécié que des
canards plient leurs pages en quatre pour les interviewer, leur restait tout de
même une inquiétude réelle et légitime : les modalités de leur retour au bureau.
Et oui ! Est-ce que la loi a prévu des trucs précis en la matière ? Si un ancien
tango réintégré arrive le matin au boulot avec une demi-heure de retard et que
son supérieur signale ce retard, quelle sanction encourt le… supérieur ? Si dans
la salle de réunion, le tango réintégré reste debout parce que les chaises en
nombre insuffisant sont toutes occupées, quelle sanction encourt le… Pdg de
l’entreprise qui n’aura pas cédé son fauteuil au loustic fraîchement élargi ? Si
lors des commissions paritaires qui siègent périodiquement pour étudier les
promotions, un tango à peine réintégré ne bénéficie d’aucun avancement, de
combien d’échelons sera rétrogradé le… patron de la commission paritaire ? Si,
le soir, après une journée de travail, dans le bus du transport du personnel, un
tango est obligé de rester debout faute de place libre, quelle sanction encourt
sa… collègue enceinte qui ne se sera pas levée à temps ? Voilà quelques exemples
simples et même banals de l’urgence pour le prochain Conseil extraordinaire des
ministres à se pencher sur cet aspect des choses. Car, il faut rassurer nos
frères réintégrés. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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