Culture : Les monuments et sites archéologiques de Tébessa en danger

L’antique théâtre, situé à l’extrême nord-est de l’Algérie, a eu le privilège d’être le théâtre du tournage des scènes du film sur la vie de Saint Augustin. Vu la similitude des décors de la région avec ceux de Carthage (Tunisie).
En effet, la région renferme des vestiges archéologiques exceptionnels tels que la basilique romaine, la porte Salomon, l’amphithéâtre romain, la muraille byzantine, la porte Caracalla, et le fameux temple de Minerve, un musée dédié aux dieux Juno, Jupiter et Minerve renfermant un trésor préhistorique d’une valeur exceptionnelle. Objets en silex, buste en marbre, sarcophage, bijoux et monnaies… Ce temple, après une fermeture de cinq année, a, en 2005, rouvert ses portes aux visiteurs. Mais certains de ses objets ont disparu de l’exposition et seraient en conservation. Même cas par la statue de Vénus qui s’est éclipsée en 1992. Renseignements pris auprès de la circonscription de Tébessa, elle serait également mise en conservation en attendait la réalisation du grand musée de la ville. La statue de Jeanne d’Arc, mise dans un parc de loisirs, est dans un état de détérioration totale. A noter que des bacs à ordures sont installés au pied de la fameuse muraille byzantine, qui a pris une autre couleur causée par la fumée des immondices brûlés. Autre illustration de ce laxisme à l’égard de notre patrimoine archéologique, le cas de la porte Caracalla, sujette à des travaux de rénovation et d’entretien depuis plus de quatre ans. Actuellement, les travaux, sans échafaudage, sont à l’arrêt depuis leur démarrage pour des raisons que nous ignorons. Il y aussi le musée des armes datant du XVIIIe siècle, valorisées et conservées à l’époque de la colonisation par Serri de Roche. Lances, épées, sabres, sagaies, poignards et fusils ont disparu de l’exposition. Le musée scellé et spolié et ses objets seraient mis en conservation en attendant la réalisation du “grand projet” de musée de la ville visant à réhabiliter ce site. Actuellement, l’antique Theveste hiberne sous le fardeau d’un environnement hostile, malsain, incompatible et insouciant quant à la réalisation de cette culture universelle.
Saâdallah Djamel

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