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«Vers la création d’une nouvelle fondation.»
La fondation Boumaârafi
Je n’arriverai jamais à comprendre que des responsables, au plus haut niveau
de l’Etat, puissent venir devant nous affirmer : «Les personnes libérées doivent
se taire et cesser de faire des déclarations politiques.» Je ne vois franchement
pas pourquoi c’est à nous qu’ils viennent dire cela. C’est aux autres, aux
tangos bavards qu’il faut faire comprendre ce genre de choses. Puisque la «loi»
est, paraît-il, très claire là-dessus, il suffit juste de la faire appliquer
dans toute sa rigueur. Devant le portail de la prison, le premier “émir” libéré
qui se l’ouvre et postillonne des bribes de discours politique doit aussitôt se
voir appliquer «el qanoun». Qu’est-ce qui empêchait «dawlat el qanoun» de sévir
contre le Layada donneur d’interviews ? Qu’est-ce qui empêchait «dawlat el
qanoun» de sévir contre le Benhadj qui joue au "bouzenzel" autour et dans la
Maison de la Presse ? Rien. Pourtant, on les a laissé faire. On a fermé les yeux
et les oreilles. Comme on les avait déjà fermés lorsque Madani Mezrag
s’enorgueillit par pages entières d’avoir trucidé un jeune militaire et de lui
avoir pris son arme. Que je sache, le Mezrag n’a pas fait ses ignobles
déclarations à partir d’une île du pacifique non répertoriée sur les cartes
officielles. Son interview, il l’a accordée à partir d’Algérie et de sa
«dawlat
el qanoun». Finalement, c’est toujours la même ritournelle. Souvenez-vous, la
fin des années 80 et une Constitution tout à ait claire qui interdit la création
d’un parti politique sur une base religieuse, ethnique ou culturelle. Ça n’a pas
empêché l’agrément officiel du FIS et du Hamas. Après, bien après, les mêmes
responsables sont venus nous jurer que l’on ne les y reprendrait plus à
légaliser un parti religieux. Trop tard, les mecs ! Comme il est déjà trop tard
aujourd’hui. Layada, Benhadj, Mezrag et les autres ont réussi à réinjecter le
FIS dans le paysage algérien. On peut toujours, face à la presse, s’excuser des
flottements ayant suivi les libérations, des approximations dans la gestion de
cette affaire et promettre d’y remédier fermement dans les prochains jours. Le
mal est fait. Et le «vert» est dans le fruit. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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