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Gouvernement. Remaniement. Belkhadem sera finalement
reconduit…
A la frontière iranienne
— Assalamou âlaykoum ! Je suis ancien terroriste. Je
viens juste d’être libéré. Et l’on m’a dit que c’était ici….
— Tais toi ! N’as-tu pas honte de parler ainsi. Les autorités
ont été très claires. Tu n’as pas le droit de faire de
déclarations.
— Mais c’est juste que…
— Il n’y a pas de «mais». Les autorités ont été très
fermes, tu ne dois rien dire. Tiens ! Prends ! C’est ton premier
chèque d’indemnisation. Pour le moment, il ne s’agit
que de la modique somme de 20 000 DA par mois, mais
ensuite, cette pension sera revalorisée.
— Puis-je…
— Tu ne peux rien ! Ne t’ai-je pas dit que nos dirigeants
dans leur clairvoyance aiguë t’ont interdit à toi et aux tiens
de faire des déclarations, des interviews ou des éditoriaux
avec photo dans la presse libre ?
Tiens ! Prends ! C’est ton attestation d’affectation d’un
logement dans le cadre du programme 2001 de l’AADL. Il a
fallu décaler des noms sur la liste, mais ça ne fait rien.
Nous nous débrouillerons avec les émeutiers.
— C'est-à-dire que je pensais…
— Tu pensais ? Mais tu n’as le droit de rien penser ! Tu
te tais ! Les autorités, sages comme à leur habitude, ont
décrété que vous deviez cesser de penser, de parler et de
faire de la politique.
Tiens plutôt ! Prends ! C’est une lettre de recommandation
pour le wali délégué de ta région. Il t’attend avec une
décision d’attribution d’un local dans le centre commercial
du chef-lieu de la wilaya.
— C’est trop. Vraiment c’est trop…
— Alors dis tout simplement merci. Mais pas trop fort.
On pourrait t’entendre, et ça ferait des jaloux. Tu sais, les
gens n’ont pas de cœur de nos jours. Ils pourraient te disputer
les petites aides que l’Etat te fournit. Allez, mon frère,
va ! Et n’oublie pas, tu es sommé de te taire. Tu dois juste
te contenter de fumer du thé pour rester éveillé à ce paradis
terrestre qui s’ouvre devant toi.
H. L.
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