|
Son congrès devrait se tenir dans les tout prochains jours.»
L’ONET, l’Organisation des enfants de terroristes
Il faut toujours retenir les leçons que nous assène l’actualité immédiate. Il
faut surtout les capitaliser pour tenter d’anticiper un petit chouïa. Ainsi, qui
aurait dit en février 1999 que des terroristes ayant commis des meurtres
individuels et collectifs, les ayant revendiqués et les assumant ensuite
publiquement dans des interviews se verraient relâchés, amnistiés, grassement
indemnisés et pour la plupart réintégrés au forceps de la clinique Ould Abbès
dans la société ? Quelques rares qui, à l’époque déjà du forum de Crans Montana,
avaient décelé les odeurs de "aânbar" dans le discours de Abdekka. C’est pour
cela qu’aujourd’hui, pour ne pas être à la traîne, faisons un peu de projection.
Maâlich si les gens nous accusent, comme en 1999, de fantasmer sur un chaos
futur et de grossir les penchants hégémoniques de l’homme qui les avait charmés
parce que s’exprimant en français, comme si le fait de s’exprimer en français
était un gage de modernité et de lutte ferme contre l’intégrisme et l’islamisme
rampant. Dans cette optique, je prends le pari et donc le risque d’affirmer,
face à ma boule de faux cristal, que dans quelque temps un officiel, un
dirigeant, peut-être pas Ouyahia au demeurant, organisera une conférence de
presse dans laquelle il signifiera clairement aux familles victimes du
terrorisme l’interdiction formelle pour elles de donner des interviews, de
prendre la parole en public, d’adresser des lettres ouvertes ou tout simplement
de faire de la politique. Je crains le jour où des poêles du régime
s’offusqueront du fait que Leïla Aslaoui puisse évoquer dans une tribune libre
le souvenir poignant de son époux. Je crains qu’un jour proche, les parents des
cinq enfants assassinés sous la Résidence Djenane El Mithak ne puissent plus
évoquer publiquement le souvenir déchirant de leurs anges. Je crains le jour
proche où la fille de Hafidh Senhadri devra raser les murs de l’Institut
d’interprétariat. Je crains le jour proche où le nom des Asselah sera interdit
de prononciation dans l’enceinte de l’Ecole des beaux-arts. C’est cela
anticiper. Ce n’est pas se contenter comme aujourd’hui de constater béatement
que le régime interdit aux tangos libérés de s’exprimer. C’est plutôt de prévoir
dès à présent que ce même régime va priver de parole les victimes du terrorisme.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|