L’association estudiantine culturelle et scientifique Cirta, qui active au sein de l’université M’hamed-Bouguerra, a réussi avec brio l’organisation de son premier festival culturel et d’amitié qui s’est déroulé à Boumerdès du 20 au 23 mars. Ce premier festival, dédié au poète et troubadour kabyle Si Muhend u M’hend, à l'occasion du centenaire de sa disparition, malgré de modestes moyens dont dispose cette association, a été sans conteste un triomphe. Les invités aux joutes poétiques et autres versets lyriques étaient ravis du déroulement des diverses activités. Le dernier jour, il était bien difficile de leur faire quitter Rocher-Noir où trône la maison de la culture qui porte le nom d’un homme célèbre et acquis de son vivant au façonnage des mots et des verbes, Rachid Mimouni. D’Oran, de Ghardaïa, de Sétif, de Tizi- Ouzou, de Béjaïa et d’autres wilayas sont venus plus de 85 poètes pour se mesurer et surtout, comme disait l’un d’eux, rencontrer un auditoire qui écoutait et qui appréciait la poésie d’expression berbérophone. A chaque soirée poétique, la salle de la maison de la culture s’avérait trop exiguë pour contenir les amateurs des vers bien faits. Le dernier jour de cette rencontre, le jury a délivré pour désigner d’abord les dix meilleurs œuvres. C’est la frêle Cherfioui Nacéra, licenciée en littérature arabe, de la commune de Tikobain,wilaya de Tizi-Ouzou, avec deux compositions le Feu et le Rêve et Pourquoi ? qui a trôné sur ce concours très disputé d’ailleurs. Cette employée de 28 ans de l’APC de sa région a à son palmarès d’autres prix dans d’autres circonstances. Elle a à son actif plus d’une centaine de poèmes aussi bien en arabe classique qu’en tamazight. Parallèlement à ce concours, 14 associations culturelles disséminées à travers le territoire national ont participé à ces journées consacrées à l’amitié. Des hommes de lettres ont également animé des conférences de très bon niveau et dont la dernière, tenue sous la présidence de Youcef Merahi, a été consacrée à la vie et l’œuvre de Si Mohend u M’hend. “On nous a ramené Chawki, le prince des poètes, alors que nous avons le roi”, dira l’orateur qui, par ailleurs, s’est interrogé : “La cassure de la colonisation n’aurait-elle pas été le révélateur du génie du poète ?” Pour Merahi, Si Mohend u M’hend n’est pas seulement un poète mais un concepteur d’idées, puisqu’il avait puisé dans les travers de la société kabyle pour concevoir une pensée libre qu’il a restituée à cette société à travers ses créations. La société n’a pas manqué d’utiliser ses œuvres en vue d’en faire un moyen de contestation de l’ordre établi. Il y a lieu de noter la disponibilité et le soutien à cette occasion de Mme Kesri, recteur de l’université, ainsi que celles du HCA, l’exécutif de l’APC de Boumerdès, de la cité universitaire, la maison de la culture Rachid-Mimouni et quelques sponsors privés. Par contre, les autorités de la wilaya ont brillé par leur absence et leur manque d’aide. En tout état de cause, l’énergie déployée par les étudiants pour combler les insuffisances financières a eu pour résultat une réussite totale de cette première édition du festival culturel et d’amitié. Abachi L.
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