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Amimour vient de sortir un bouquin sur Boumediene. Et il
est déjà introuvable.
Boumediene, bien sûr !
Ouf ! Depuis le temps que tout le monde m’en parle ! J’ai enfin pu voir hier,
en direct live, à quoi ressemblait l’interruption du JT par l’appel à la prière.
J’avoue que c’est assez inattendu, pour ne pas dire impressionnant. Le
présentateur, comme un bon vieux moteur diesel, avait atteint sa vitesse de
croisière dans le passage en revue des infos, il enfilait sujet après sujet et
soudain, vlan ! Tout s’est arrêté. Pile poil, l’Adhan est lancé. Le présentateur
et le JT disparaissent de l’écran. Bon, je ne vais pas revenir aujourd’hui sur
le côté incongru de la chose, de nombreux confrères l’ayant déjà fait. Par
contre, pendant l’interruption du journal télévisé par l’appel à la prière, j’ai
été — et je le suis encore au demeurant — taraudé par une question à laquelle je
n’ai pas de réponse : pendant la longue minute que dure le Adhan, que font les
gens chargés de confectionner et de présenter le JT ? Eh oui ! Prenez le
journaliste. En honnête travailleur qui a veillé à donner une cohérence
institutionnelle à son journal, et qui est stoppé net dans son généreux élan,
que fait-il durant la pause forcée ? Reste-t- il assis face aux projecteurs et à
leur chaleur intense ? L’épargne-t-on un peu en diminuant justement l’éclairage
? Le «soulage-t-on» pour reprendre le terme exact employé par les gens du métier
? Quitte-t-il son fauteuil pour aller se dégourdir les jambes ? Révise-t-il ses
fiches et les lancements des prochains papiers pour ne pas buter ? Ou, tout
simplement, se fait-il repoudrer le nez par la maquilleuse afin d’éviter tout
effet de brillance ou de luisance à la reprise, au retour plateau ? Ces
questions valent aussi pour l’équipe qui entoure le journaliste. Le caméraman
s’autorise-t-il une pause assise, lui qui est debout durant tout le journal ?
L’éclairagiste vérifie-t-il ses projecteurs et l’angle de leur orientation ? Le
réalisateur relit-il son conducteur ou passe-t-il tout simplement un coup de fil
pour s’inquiéter de la fièvre du petit dernier ? Voila un panel de questions qui
me sont venues à l’esprit pendant l’Adhan. Des questions qui, bien évidemment,
ne me seraient jamais venues à l’esprit s’il n’y avait pas eu entre-temps cette
«géniale» invention du coupage des programmes par l’appel à la prière.
Maintenant, bien évidemment, hormis le fait que ma curiosité n’a rien de
malsain, chacun est tout à fait libre de gérer la minute d’interruption des
programmes comme il l’entend, et d’en faire ou pas l’usage qu’il jugera bon.
Nous sommes en démocratie, non ? Moi, par exemple, pendant cette minute, je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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