Culture : CONFERENCE SUR ABDELHAMID BENZINE A LA LIBRAIRIE CHIHAB
Aventure d’un homme extra et ordinaire


Emprisonné et torturé par l’armée coloniale pendant la guerre de Libération nationale, persécutée par les siens après l’Indépendance, Abdelhamid Benzine incarne la personnalité d’un militant originel et authentique. Même si le pays, pour qui il s’est sciemment “offert”, était ingrat envers lui, Abdelhamid Benzine est resté tout de même fidèle à ses principes : ceux d’un homme qui n’embrasse une cause que pour lui rester mortellement serviteur.
“Benzine était d’un humanisme, d’une sensibilité et d’un caractère extraordinaires”, affirme Mouloud Djazouli, un de ses compagnons, avant-hier lors de la rencontre animée à la librairie Chihab Internationale en vue de présenter le livre de Benzine, intitulé De notre histoire au quotidien, Alger républicain 1989-1994 , paru dernièrement à titre posthume aux éditions Chihab. “Mon premier contact remonte à 1962, au lendemain de l’Indépendance. Abdelhamid était alors rédacteur en chef du journal Alger républicain”, se rappelle Mouloud Djazouli. “Le premier contact donc, poursuit-il, était très facile. Il était très humain. Comparativement aux deux autres responsables du journal, à savoir Henri Alleg et Boualem Khalfa, Benzine était sociable et compréhensif.” Aussi, le même témoigne émane de sa sœur, Zoulikha. Cette dernière affirme n’avoir connu sont frère qu’à un âge avancé. “Quand j’étais petite, je n’entendais que parler de lui”, souligne-t-elle. Ainsi, l’absence du frère que Zoulikha, étant encore petite, n’a pas connu, a fini par l’élever au degré du mythe ou de la légende. Cependant, “à l’âge de sept ans , Abdelhamid débarque enfin chez nous à Bougaâ, à Sétif. J’ai réussi donc à découvrir ce frère dont on ne cesse d’évoquer le nom à la maison. Mais sa visite n’a duré que trois jours”, ajoute Zoulikha Benzine. Néanmoins, la véritable rencontre avec Abdelhamid a eu lieu en prison. Certes, ils n’étaient pas dans la même cellule, mais ils étaient étroitement liés (comme se lient un frère et une sœur) par correspondance. C’était une relation épistolaire. “Je garde encore les lettres que j’échangeait avec mon frère tout au long de la durée de nos réclusions respectives. Un jour peut-être je les publierai”, a déclaré la sœur de celui qui épousé dès son jeune âge la cause nationale. Le spécialiste dans les médias et la presse, Brahim Brahimi, présent aussi lors de cette rencontre a, quant à lui, parlé de l’aventure d’ Alger républicain. Un journal qui a vu le jour en 1938, à une semaine près du pacte germano-soviétique. M. Brahimi a ainsi abordé l’historique de ce journal durant la période coloniale et post- Indépendance. Ce journal qui a réussi quand même à tirer jusqu’à 80 000 exemplaires. Parce que c’était le journal-voix du peuple.
Hakim C.

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