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“Pourquoi le sommet arabe a-t-il été écourté ?”
Parce que les plaisanteries les plus courtes
sont les meilleures
J’étais absent. Je rentre à l’instant. Et j’ai l’impression d’avoir raté un
épisode. Qu’est-ce que ces portraits de présidentiables qui ont refait leur
apparition ces dernières heures ? Qu’est-ce que cette série de conférences de
presse de figures vues et revues à des dates précises, les élections, les «
d'janazate » et les périodes « pré-dj'anazate» ? Y aurait eu un événement assez
important, un truc énorme qui serait passé en semaine et que j’ignore ? Piqué au
vif, la curiosité énervée, j’allume le téléviseur à l’heure du JT et… rien ! Le
chef de l’Etat élu et en poste est toujours en poste et toujours chef d’Etat. Il
reçoit. Il s’entretient. Il sourit. Il serre des mains. Il auditionne. Il
accompagne. Il raccompagne. Il paraît et il apparaît à satiété. Alors, comment
expliquer la galerie de présidentiables en goguette, de sortie, en exposition
pour ceux qui n’ont aucune vraie actualité, en exhibition pour ceux qui se sont
créé une activité “bessif” ? Comme je me vante de connaître un peu les us et
coutumes de mon pays, comme je sais aussi qu’il n’y a jamais de fumée sans
barbecue dans ma tendre Algérie, j’en conclus qu’il flotte au-dessus des jardins
cossus des belles et vastes résidences algéroises qui comptent un petit air de
page à tourner qui fait bruisser doucement les feuilles des bougainvilliers.
Mais allez donc savoir ce qui fait tinter aussi délicieusement les glaçons et ce
qui permet aux diseuses de bonne aventure politique d’y lire clairement qu’un
machin assez sensationnel devrait avoir lieu “incessamment sous peu” ? Et
d’abord quel genre de truc précisément ? La dernière fois que les diseuses de
bonne aventure avaient tenu le haut de l’actualité, c’était à l’occasion
douloureuse de la maladie du chef de l’Etat. Qu’est- ce qui, aujourd’hui,
pourrait être encore plus extraordinaire que l’épisode du Val-de-Grâce ?
J’enrage de ne rien pouvoir deviner, alors que je lis dans les regards initiés
que quelque chose est en train de se passer. J’enrage tellement que je fume du
thé et je reste éveillé, aux aguets, le cauchemar continue.
H. L.
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