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« Ould Abbès accorde une enveloppe de 2 milliards de dinars à Laâlam.»
Fallait vraiment pas Monsieur le ministre !
61 milliards de dollars de réserves de change! J’en ai des frissons. Je m’en
trémousse de plaisir. Ne me regardez pas comme ça, ne faites pas les gros yeux,
ne vous sentez pas menacés et ne voyez aucune convoitise gourmande dans mon
propos citoyen. J’ai appris avec le temps et la gestion à l’algérienne que cet
argent ne nous était pas destiné. Du moins pas maintenant. J’ai aussi et
forcément appris que si l’on touchait aujourd’hui à ce formidable pactole, nous
risquerions de menacer dangereusement les équilibres macro-structurels et
micro-ordinateurs (?). Ne vous inquiétez pas, je sais retenir les leçons. Ce
n’est donc pas parce que nos caisses sont pleines à ras-bord de 61 milliards de
dollars que cet argent-là sera disponible tout de suite. Il faudra attendre.
Mais en attendant, pourriez-vous nous offrir des petites gâteries ? Ô rien de
très cher. Rien de vraiment irréalisable. Rien qui ne puise s’exaucer. Je pense
notamment à des sorties organisées, des visites guidées du site où sont
entreposés ces milliards de dollars. Le matin, vous nous donneriez rendez-vous à
des points de ramassage, et par convois entiers de bus, vous nous emmèneriez en
excursion voir les liasses de dollars, les admirer, les reluquer tendrement.
Sans toucher bien évidemment. On regarde, mais on ne touche pas, nous sommes
définitivement d’accord là-dessus. Les uns derrière les autres, en procession
silencieuse et hautement respectueuse des équilibres macroéconomiques, nous
défilerions rincer nos yeux devant le magot. Et le soir, épuisés mais heureux
d’avoir fait le plein d’aussi belles images, le corps et les poches légères
d’autant de richesse inaccessible, nous regagnerions nos chaumières sans menacer
aucunement les fameux équilibres. C’est promis. Ou presque ! Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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