Dimanche 02 Avril 2006
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ON REGARDE, MAIS ON NE TOUCHE PAS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

« Ould Abbès accorde une enveloppe de 2 milliards de dinars à Laâlam.»

Fallait vraiment pas Monsieur le ministre !

61 milliards de dollars de réserves de change! J’en ai des frissons. Je m’en trémousse de plaisir. Ne me regardez pas comme ça, ne faites pas les gros yeux, ne vous sentez pas menacés et ne voyez aucune convoitise gourmande dans mon propos citoyen. J’ai appris avec le temps et la gestion à l’algérienne que cet argent ne nous était pas destiné. Du moins pas maintenant. J’ai aussi et forcément appris que si l’on touchait aujourd’hui à ce formidable pactole, nous risquerions de menacer dangereusement les équilibres macro-structurels et micro-ordinateurs (?). Ne vous inquiétez pas, je sais retenir les leçons. Ce n’est donc pas parce que nos caisses sont pleines à ras-bord de 61 milliards de dollars que cet argent-là sera disponible tout de suite. Il faudra attendre. Mais en attendant, pourriez-vous nous offrir des petites gâteries ? Ô rien de très cher. Rien de vraiment irréalisable. Rien qui ne puise s’exaucer. Je pense notamment à des sorties organisées, des visites guidées du site où sont entreposés ces milliards de dollars. Le matin, vous nous donneriez rendez-vous à des points de ramassage, et par convois entiers de bus, vous nous emmèneriez en excursion voir les liasses de dollars, les admirer, les reluquer tendrement. Sans toucher bien évidemment. On regarde, mais on ne touche pas, nous sommes définitivement d’accord là-dessus. Les uns derrière les autres, en procession silencieuse et hautement respectueuse des équilibres macroéconomiques, nous défilerions rincer nos yeux devant le magot. Et le soir, épuisés mais heureux d’avoir fait le plein d’aussi belles images, le corps et les poches légères d’autant de richesse inaccessible, nous regagnerions nos chaumières sans menacer aucunement les fameux équilibres. C’est promis. Ou presque ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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