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«Le ministère algérien de la Solidarité compte lancer à
son tour le CPE.»
Le Contrat Première Embrouille
Il y avait jusqu’à hier la sévère et opportune mise en garde de Ouyahia aux
islamistes bavards. Il leur avait lancé avec, dans la voix, des intonations
«balladuriennes » son fameux «taisez-vous !». Depuis hier, et en réponse, il y a
cette interview-attentat de Benhadj au Monde. Tout le bréviaire
fondamentalistointégriste y passe : «Nous arriverons de toutes les manières au
pouvoir. Nous ne reconnaissons ni l’armée, ni les civils prétendument aux
commandes, ni la pseudo société civile ni personne d’autre. Nous avons raison.
Tout le reste du monde a tort.» Et «l’homme» à qui on a permis un jour de
souiller la tenue militaire algérienne s’engage devant un Jean- Pierre Turquoi
visiblement au bord de l’orgasme journalistique dans une attaque en règle contre
l’ANP : «El Mouradia ne compte pas ! C’est l’armée qui nomme les présidents. Ce
sont les généraux janviéristes qui maintiennent en otage l’Algérie et les
Algériens.» Ainsi donc, grâce à Benhadj et à ses caquetages aviaires, nous
allons pouvoir — je l’espère — vérifier le sérieux de l’Etat, le poids d’un
avertissement lancé par Ouyahia et la capacité de mettre à exécution les menaces
de fermeté que l’on profère en conférence de presse. Menacer en théorie, c’est
bien. Sévir et passer à l’acte quand cela s’impose, c’est mieux ! Sinon, si rien
ne se passe après le colis piégé déposé par Benhadj dans les pages du Monde, si
personne de l’autorité en face ne bouge le petit doigt, faudra plus prendre sur
notre temps, nous inviter à des conférences de presse pour des «montrages» de
biceps à blanc, des exhibitions arrangées de bodybuilding politique. Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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