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Actualités : LA MALADIE DU PRESIDENT
Un tabou ?


Le 31 décembre 2005, le président de la République rentrait au pays après un séjour de 35 jours en France pour cause de maladie. A Alger, où il devait le jour même de son retour procéder à la signature de la loi de finances 2006, un accueil populaire «historique» lui a été concocté. Le chef de l’Etat, convalescent, marque son retour et reprend ses activités en paraphant comme de tradition au siège de la présidence de la République, en présence du gouvernement, la loi de finances 2006.
Un geste par lequel Abdelaziz Bouteflika, que l’on disait «agonisant», annonce sa reprise de la gestion des affaires du pays. Cette urgence satisfaite, d’aucuns laissaient entendre que le chef de l’Etat allait repartir en France pour se reposer. C’était là sa seconde apparition publique. La première date du 17 décembre, jour de sa sortie de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, où il venait de subir une intervention chirurgicale pour «hémorragie d’origine gastrique». Dans un message télévisé adressé aux Algériens depuis la résidence parisienne où il se reposait, Abdelaziz Bouteflika affirme avoir mesuré l’inquiétude que suscite sa maladie chez ses compatriotes. Pour les rassurer et parce qu’il ne «veut rien cacher à son peuple», et bien que visiblement très fatigué, le président fait l’effort de se tenir devant les caméras. Il a à ses côtés le professeur Messaoud Zitouni, qui déclare à l’équipe dépêchée à Paris par l’ENTV que «l’intervention chirurgicale subie par le président nécessite une période de suivi postopératoire de 30 jours». Le médecin du chef de l’Etat juge utile de préciser qu’un mois de repos est «une norme et qu’il n’y a aucune inquiétude». Le professeur affirme à l’occasion que Abdelaziz Bouteflika, «qui a été très bien pris en charge, est guéri». Une précision voulue pour mettre terme aux rumeurs qui se propageaient dans le pays, attisées par une agitation politique sans précédent et un manque d’information évident sur l’état de santé du chef de l’Etat et de l’évolution de sa maladie. Il en a été ainsi durant toute la durée de l’hospitalisation du président. «La maladie secrète» de Abdelaziz Bouteflika transféré au Val-de-Grâce le 26 novembre 2005 déchaîne les médias étrangers, alors que les journaux algériens observent une certaine réserve tant qu’aucune information officielle n’est donnée quant à l’état de santé du président algérien, transféré de l’hôpital militaire de Aïn Naâdja vers celui du Val-de-Grâce pour un «ulcère hémorragique au niveau de l’estomac». Depuis le communiqué de la présidence de la République qui annonce l’hospitalisation du chef de l’Etat et durant près de dix jours, aucune information n’a filtré sur son état de santé, ni en France, ni en Algérie. Le chef du gouvernement a tenté, par quatre fois, de rassurer les Algériens qui, le 5 décembre, prennent connaissance du bulletin de santé du président, le seul depuis son transfert vers Paris.
Saïda Azzouz

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