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Actualités : La charte ne semble bénéficier qu’aux islamistes

Depuis la promulgation des textes de la mise en application de la charte pour la réconciliation et la paix, il semble n’y en avoir que pour les islamistes. Une situation des plus originales puisque la charte adoptée par le référendum du 29 septembre dernier devrait concerner tous «les acteurs de la tragédie nationale». Les autres, tous les autres semblent pour l’instant ignorés.
On ne parle que de la «réintégration sociale » des repentis, des élargis, et des familles de terroristes. Si bien que les familles victimes du terrorisme, jusque-là discrètes, ont décidé de faire entendre leurs voix en organisant un rassemblement devant le siège du gouvernement pour manifester leur rejet des textes de la mise en œuvre de la charte sur la paix et la réconciliation. Les familles et les victimes du terrorisme ne détiennent pas l’exclusivité de la contestation. Les familles des disparus en font autant. Hier, bon nombre d’entre elles ont organisé un rassemblement devant la Maison de la Presse Tahar- Djaout pour exiger le retrait de la charte pour la paix et la réconciliation car s’estimant «bafouées dans leurs droits». Elles ont, pour ce faire, introduit un recours auprès du président de la République. Les milliers de patriotes qui, un jour, ont pris les armes pour sauver la République, ne se retrouvent nulle part dans les textes d’application de la charte. Ils ont décidé de s’en démarquer en saisissant le chef de l’Etat pour bénéficier d’un statut particulier en guise de reconnaissance de leur sacrifice. Ils ont tout perdu ! Tout cela se passe et l’on ne parle que de réintégration des extrémistes islamistes et autres repentis. Toute une batterie de mesures a été prise par l’Etat pour que la réinsertion sociale des personnes «lavées» par la charte retrouvent leur droit. Les textes prévoient une commission dans chaque ville du pays pour étudier les dossiers des personnes ayant bénéficié de la mansuétude de cette charte si chère au chef de l’Etat. Les enseignants qui ont pris le maquis vont être réintégrés, les fonctionnaires intégristes le seront aussi, on parle d’indemnités pour les repentis qui ont toute la latitude de déposer plainte contre toute personne qui osera «les titiller». Hyperprotégés par les textes, bon nombre d’entre eux n’hésitent pas à se redéployer. Il en est ainsi du numéro deux de l’ex-FIS, qui ne manque jamais de défier la République. Le tout sous l’œil indulgent de l’Etat. D’aucuns mettent cela sur le compte de la «religiosité» du premier magistrat du pays qui a dédié tout un Conseil des ministres pour «institutionnaliser» El Adhan qui interrompt tous les programmes radios et télévisuels y compris le «sacro-saint» journal télévisé de 20 heures. Résultats des courses : un retour très remarqué de ceux qui, durant toute une décennie, ont endeuillé l’Algérie, malmené la République. Aujourd’hui, leur retour sur la scène, ils veulent le marquer en traçant le chemin du TPI.
S. A.

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