Une œuvre littéraire de grande portée, instituée Mohamed Zerrouki, précurseur méconnu de la littérature algérienne contemporaine, vient de paraître grâce à l’énergie de son fils Bouabdellah qui, non sans difficulté, a recueilli les textes épars de son père. Cet ouvrage posthume, publié à compte d’auteur et distribué par les éditions Chihab, est “un témoin d’un siècle à mutations rapides”, comme il plaît au docteur Noureddine Saoudi de le souligner dans sa note biographique d’autant que l’auteur des textes, Mohamed Zerrouki en l’occurrence, a su défendre les valeurs intrinsèques d’un peuple ayant pour objectif, au premier chef, de sauvegarder son identité par la préservation d’une culture qu’il s’avait précieuse pour ne pas subir l’acculturation et la dénaturation sciemment engagées par l’intelligentsia colonialiste. Et c’est à travers des écrits touchant à plusieurs thèmes et sujets tels la philosophie, la démocratie, les contes du terroir, la poésie, l’approche de la musique arabe, la pratique des différentes fêtes religieuses, etc., déterrés à la faveur d’une détermination certaine, que ce livre fut monté pour voir le jour. De fait, ce sera une œuvre qui renseignera, ce qui n’est pas peu dire, sur une large palette d’indications inhérentes à la mémoire d’un pays qui aura le mérite d’avoir défendu mordicus sa propre doctrine. Fort de ses 390 pages, ce livre est, somme toute, un florilège d’écrits littéraires empreints de nationalisme pour paraphraser Mahieddine Kemal Malti qui, dans sa préface, notera que Mohamed Zerrouki “a défendu contre le modèle colonial tout-puissant, la culture arabo-musulmane dans toutes ses composantes, qu’il n’a jamais cessé de rappeler à tous et d’abord aux colonisateurs, la richesse et la beauté de cette culture”. Rappelons que Mohamed Zerrouki est né le 10 novembre 1902 à Tlemcen et mort en 1959 sans jamais voir ses écrits publiés et ce, malgré son insistance quant à une édition qui l’aurait certainement confortée davantage sauf que l’inexorable destinée a eu raison de lui avant même qu’il assiste à l’indépendance de l’Algérie. C’est son fils Bouabdellah qui s’est chargé, pour la mémoire, de réaliser le vœu de Mohamed Zerrouki. M. Belarbi
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