Samedi 08 Avril 2006
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NOTRE CONTENTIEUX HISTORIQUE AVEC LES CHIFFRES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Quel est le comble pour un ex-tôlier comme Layada ? C’est d’affirmer que ses propos ont été… déformés par la presse.»

Désolé de t’avoir… froissé, Abdelhak !

Ça n’a pas raté ! Il a suffi que des entreprises pétrolières étrangères travaillant en Algérie annoncent d’importantes découvertes dans notre Sud, avancent des chiffres pour la future exploitation de ces gisements pour que l’autorité interrompe sa sieste et démente les chiffres avancés. A croire que c’est une véritable malédiction qui frappe ce pays ! Nous n’arrivons pas à nous entendre sur le nombre de disparus de la «Ma’sa el Wataniya». Nous n’arrivons pas à nous entendre sur le total des victimes de cette décennie terrible (je voulais écrire décennie rouge, mais mon avocat m’a déconseillé de le faire). Ainsi, au cours d’une seule journée, vous lirez ou entendrez que cette période a fait 100 mille, 150 mille, 200 mille ou 250 mille morts. Nous n’arrivons pas non plus à nous entendre sur le nombre de gugusses et de "gugussettes" qui habitent cette bonne terre d’Algérie, certains avançant le chiffre de 30 millions, d’autres celui de 31 millions 500 et d’autres encore n’hésitant pas à affirmer que l’Algérie compte désormais 34 millions de grincheux et de grincheuses. Nous n’arrivons pas également à nous entendre sur le vrai chiffre des vrais faux moudjahidine. Nous n’arrivons toujours pas à nous entendre sur le chiffre de l’argent détourné depuis 1999, des experts indépendants prétendant que c’est depuis cette période où la lutte contre la corruption a été inscrite comme priorité numéro une qu’il y a eu les plus gros scandales financiers et les détournements les plus importants d’argent public. Plus terrible encore, nous n’arrivons pas à nous entendre sur le nombre de personnes massacrées dans une petite bourgade comme Remka. Dans le même désordre d’idées, nous n’arrivons pas à nous entendre sur le nombre d’hélicoptères ayant survolé Bentalha la nuit de la grande boucherie. Comme, d’ailleurs, nous n’arrivons franchement pas à nous entendre sur le nombre de fois où Abdekka est reparti en avion à Paris depuis son hospitalisation au Val-de-Grâce. Il faut donc définitivement l’admettre : nous avons un très gros contentieux avec les chiffres. Un constat inquiétant dès lors que l’on considère que ce pays a de tous temps été dirigé par des gens du chiffre. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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