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La rossée verbale reçue en direct par de grands manitous de la part du président de la République est un de ces moments qui condensent toute la volatilité du sens de l'Etat. Réactions vraies parce qu'inventées : «Bien fait pour leur grade !» ; «Il y a une justice immanente !» ; «Il y a toujours quelqu'un au-dessus pour engueuler les engueuleurs. » En un sens, Bouteflika aura vengé tous les sans-grade, les laissés-pour-compte, les gueux, les paumés qui subissent la morgue, le mépris, la hogra, l'humiliation caractérisant une hiérarchie institutionnelle et administrative conçue non point comme un mode de fonctionnement qui assigne à chacun d'être l'obligé non pas du chef mais de sa mission, mais comme un maquis féroce où le pouvoir s'arrache par la force pour s'exercer sans pitié.
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