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«Article 144 bis. Désormais, toute personne qui se présentera
à un guichet de la poste et qui y demandera 3
mandats sera aussitôt mise en examen pour offense au
président.»
Car seul Abdekka peut exiger 3 mandats d’un coup
Depuis le geste que l’on attribue à Khalida Toumi, ministre de la Culture,
celui d’avoir frappé le directeur de l’urbanisme de Constantine, le débat fait
fureur dans les ministères : qu’est-ce qui est le plus gratifiant ? Le fait
d’avoir un ministre qui, sans broncher et en souriant même béatement, se fait
traiter de menteur en public par le président ? Ou plutôt le fait d’avoir pour
patron un ministre qui n’hésite pas à cogner pour faire passer son message ? La
question est tellement prise à cœur par les tenants des deux camps que l’on
craint qu’elle ne déborde hors des toilettes des ministères, haut lieu, comme
chacun sait, des débats d’une telle importance. Il y a ainsi ceux qui tentent de
minimiser la chose en accusant une certaine presse d’avoir grossi le geste de
madame la ministre. Citant des sources proches de descendants directs de
Massinissa, ils affirment que Toumi n’a fait qu’envoyer une tape un peu rude,
certes, mais une simple tape dans le dos du directeur de l’urbanisme. Ce
dernier, imitant les joueurs de football qui simulent, se serait jeté par terre,
aurait crié à l’assassinat, et aurait sur le champ exhibé sous le nez de Abdekka
un certificat antidaté du médecin légiste attestant d’une incapacité de travail
de 21 jours ouvrables. D’autres sources, proches de cercles révisionnistes
tendant à minimiser le rôle et l’épopée de Massinissa dans l’histoire de
l’Algérie, affirment, au contraire, que la ministre de la Culture a asséné un
coup vicieux dans le dos tourné vers le passé du directeur de l’urbanisme, un
coup enseigné à Khalida par un moine Shaolin enseignant son art martial dans la
zaouïa «Ma Yakh’falekch». Aujourd’hui encore, près de 48 heures après l’incident
supposé ou avéré, la question n’a toujours pas été tranchée. Elle divise même le
Conseil de gouvernement. Il y a les ministres qui assurent leur collègue de la
culture de toute leur solidarité agissante. Et il y a ceux qui avouent s’être
toujours méfiés de la technique de combat enseignée par les moines Shaolin
autoexilés en Algérie. Mais, dès lors qu’il s’agit de paroles de ministres, qui
dit vrai ? Et qui ment ? La réponse lors de la prochaine visite officielle de
Boutef’ à l’intérieur intrigant du pays profond. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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