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Dans cette ambiance de polémique malsaine, Amar Tou
a tenu à rassurer : «Notre président a emmené avec lui,
au Val-de-Grâce, sa propre couverture et sa nourriture.
Mais alors, de quoi se plaignent les Français ?
On ne va tout de même pas passer notre vie à guetter les départs impromptus
de Abdekka sur Paris, dans la nuit, pour une visite de contrôle prévue depuis
fort fort longtemps. On ne va pas non plus passer notre temps à attendre les
bulletins de santé du médecin Mami ou du "pafiste" le Pen pour savoir si Boutef’
est en France ou pas, s’il va bien, passionnément, à la folie ou pas du tout. On
ne va pas passer le plus clair de notre temps à nous demander si un homme de
l’extrême droite française ou tout simplement de la droite a le droit, à partir
de son sol, de son pays, de dire ce qu’il pense de l’arrivée chez lui, en
France, «fi bladou», d’un chef d’Etat étranger hostile. Le Pen, de Villiers ou
Devedjian ont le droit du sol et du sang de dire ce qu’ils veulent à partir de
leur pays. A nous de ne pas leur offrir à palper et à examiner nos flancs dans
un hôpital militaire français ! Cette fois-ci, c’est trop tard, la faute de
novices a été commise, la bourde de débutants a été faite, la boulette a été
balancée. Des visites de contrôle prévues de longue date, il va y en avoir
encore un certain nombre à l’avenir. Que l’on nous en communique dès maintenant
les dates, pour que l’on n’ait pas l’air idiot à apprendre de la bouche de
Jean-Marie El Para la présence de Bouteflika à Paris. Et puis, très franchement,
avec un baril à plus de 75 dollars, le chef de l’Etat algérien a droit à ce qui
se fait de mieux sur la planète en matière de fibroscopie. On peut acheter chez
les Espagnols, les Italiens, les Britanniques ou même les Américains le meilleur
des appareils de fibroscopie, plaqué or et serti de diamants 18 carats. Ça nous
évitera au moins l’affront et le «m'rar» avalés ces dernières heures à l’écoute
des chaînes de télévision françaises. A titre d’exemple, vendredi dernier, mon
ulcère à l’estomac, extrêmement bien soigné dans les années 80 à la clinique des
Orangers par un médecin algérien, s’est quand même réveillé lorsque, au cours de
l’émission «Ça se dispute» sur I télévision, Eric Zemmour, chroniqueur, a dit à
propos du génocide de l’identité algérienne : «Mais quelle identité ? Avant
l’arrivée française, il n’y avait pas d’Algérie ! Contrairement au Maroc et à la
Tunisie, il n’y avait pas une entité algérienne avec des frontières et une
identité. Il y avait des pirates qui attaquaient les navires au nord. Et il y
avait des Bédouins qui transhumaient au Sud. Alors, qu’on arrête de nous
bassiner avec l’identité algérienne. C’est la France qui l’a créée !» J’en veux
terriblement à ceux qui, ici, chez nous, Algériens comme nous, nous ont mis dans
ce merdier, celui qui nous oblige à écouter sans pouvoir broncher les conneries
d’un Eric Zemmour sur I Télévision ou d’un Jacques Julliard sur LCI. Eh oui !
Quand on tend la joue droite le samedi 10 avril 2004, on ne se plaint pas de se
voir demander de tendre ensuite la joue gauche le vendredi 21 avril 2006. Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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