Lundi 24 Avril 2006
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Périscoop : BAZOOKA
Retour sur la fuite des cerveaux (2)
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Je vous livre deux messages pour poursuivre notre réflexion sur la fuite des cerveaux. Le premier arrive d’Algérie et le second de l’étranger.

«Merci pour ce que vous avez publié aujourd’hui. Oui nous n'avons pas arrêté de crier à chaque fois que l'occasion s'est présentée à nous les scientifiques et chercheurs qui sommes restés malgré tout en Algérie :

que les dirigeants algériens nous donnent plus de considération et des conditions décentes de travail au lieu de toujours parler de ceux qui sont de l'autre côté de la mer! Certains de cela, une toute petite minorité, reviendraient peut-être à la retraite lorsqu'ils verront que leurs collègues d'ici ont de la valeur ! Entendre parler des "compétences nationales à l'étranger" donnent l'impression que ceux qui sont restés ici ne sont pas des compétences ! D'abord ceux qui sont partis avaient été formés et encadrés par les compétences d'ici ! Certains de ces encadreurs sont considérés moins compétents que leurs étudiants qui reviennent avec leur dernier diplôme obtenu de l'autre côté, car il a été très difficile pour ceux qui sont restés de finaliser leurs thèses pour les raisons que tout le monde connaît (en particulier les dix années noires) mais qu'on semble avoir déjà oubliées ! On ne se rend pas compte que si la situation ne s'améliore pas, le niveau des études et des générations futures ne va pas cesser de baisser... au point qu'il n'y aura pas de compétences nationales ni ici ni à l'étranger !»

«Cher compatriote,
Cette histoire de fuite des cerveaux on nous rebat les oreilles avec il y a tellement longtemps que nous n'y croyons plus. Si l'Etat était vraiment intéressé par nos cerveaux il y a bien longtemps qu'il aurait mis en place une infrastructure pour nous accueillir, des organes chargés de nous contacter pour que nous puissions nous rendre utiles ; nous sommes tous en général enregistrés à nos ambassades puisque nous détenons toujours la nationalité algérienne par fierté et pour rendre hommage d'une certaine manière à ceux qui sont morts pour l' Algérie que nous représentons dignement. Je suis ingénieur en moteurs à combustion (j'ai fait mes études en Suède), je parle quatre langues et je travaille dans une grande boîte suédoise tandis que ma femme — algérienne — dentiste formée en Algérie, exerce dans une clinique où elle a obtenu une solide réputation. Tout ce que nous voulions c'était pouvoir faire notre métier pour aider notre pays à se développer mais nous savons que les responsables préfèrent faire appel à des experts étrangers et nous le comprenons lorsque nous voyons la composition du gouvernement. Donc nous préférons travailler à l'étranger ou malgré la "ghorba" les gens reconnaissent notre valeur. Comme on dit, nul n'est prophète en son pays.” Cordialement

Voilà, vous avez lu. A vous de réfléchir. Je retiens pour ma part une seule chose en plus de l’amour perceptible de notre pays : la politique du pouvoir fait des mécontents d’une façon unique chez nos scientifiques restés au pays et chez nos scientifiques expatriés.
M. B.

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