Je vous livre deux messages pour poursuivre notre réflexion sur la fuite
des cerveaux. Le premier arrive d’Algérie et le second de l’étranger.
«Merci pour ce que vous avez publié aujourd’hui. Oui nous n'avons pas
arrêté de crier à chaque fois que l'occasion s'est présentée à nous les
scientifiques et chercheurs qui sommes restés malgré tout en Algérie :
que
les dirigeants algériens nous donnent plus de considération et des
conditions décentes de travail au lieu de toujours parler de ceux qui sont
de l'autre côté de la mer! Certains de cela, une toute petite minorité,
reviendraient peut-être à la retraite lorsqu'ils verront que leurs collègues
d'ici ont de la valeur ! Entendre parler des "compétences nationales à
l'étranger" donnent l'impression que ceux qui sont restés ici ne sont pas
des compétences ! D'abord ceux qui sont partis avaient été formés et
encadrés par les compétences d'ici ! Certains de ces encadreurs sont
considérés moins compétents que leurs étudiants qui reviennent avec leur
dernier diplôme obtenu de l'autre côté, car il a été très difficile pour
ceux qui sont restés de finaliser leurs thèses pour les raisons que tout le
monde connaît (en particulier les dix années noires) mais qu'on semble avoir
déjà oubliées ! On ne se rend pas compte que si la situation ne s'améliore
pas, le niveau des études et des générations futures ne va pas cesser de
baisser... au point qu'il n'y aura pas de compétences nationales ni ici ni à
l'étranger !»
«Cher compatriote,
Cette histoire de fuite des cerveaux on nous rebat les oreilles avec il y a
tellement longtemps que nous n'y croyons plus. Si l'Etat était vraiment
intéressé par nos cerveaux il y a bien longtemps qu'il aurait mis en place
une infrastructure pour nous accueillir, des organes chargés de nous
contacter pour que nous puissions nous rendre utiles ; nous sommes tous en
général enregistrés à nos ambassades puisque nous détenons toujours la
nationalité algérienne par fierté et pour rendre hommage d'une certaine
manière à ceux qui sont morts pour l' Algérie que nous représentons
dignement. Je suis ingénieur en moteurs à combustion (j'ai fait mes études
en Suède), je parle quatre langues et je travaille dans une grande boîte
suédoise tandis que ma femme — algérienne — dentiste formée en Algérie,
exerce dans une clinique où elle a obtenu une solide réputation. Tout ce que
nous voulions c'était pouvoir faire notre métier pour aider notre pays à se
développer mais nous savons que les responsables préfèrent faire appel à des
experts étrangers et nous le comprenons lorsque nous voyons la composition
du gouvernement. Donc nous préférons travailler à l'étranger ou malgré la "ghorba"
les gens reconnaissent notre valeur. Comme on dit, nul n'est prophète en son
pays.” Cordialement
Voilà, vous avez lu. A vous de réfléchir. Je retiens pour ma part une
seule chose en plus de l’amour perceptible de notre pays : la politique du
pouvoir fait des mécontents d’une façon unique chez nos scientifiques restés
au pays et chez nos scientifiques expatriés.
M. B.
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