|
«Des pieds-noirs en ce moment à Sétif.»
Celui qui aime l’Algérie
n’a qu’à y venir !
Comment faire pour oublier cette journée du samedi ? Comment me débarrasser
de cette phrase qui me hante depuis que je l’ai lue hier dans la plupart des
quotidiens nationaux ? Abdelaziz Belkhadem a déclaré devant ses impairs du parti
: «Le FLN sera présent en force en 2007.» Même si je sais qu’il y a un monde
entre ce que déclare Belkhadem et ce qui va réellement se passer en 2007, même
si je sais que Belkhadem ne décide de rien, même pas du choix de la personne
qu’il va trahir le lendemain au réveil, il reste que cette affirmation, «le FLN
sera présent en force en 2007» m’a plongé dans une profonde déprime. Quand on
entend cela, on a l’impression que c’est foutu pour perpet’, que le bout du
tunnel vous semble tellement loin que vous seriez presque tenté de faire
demi-tour, que plus rien ne vaut vraiment le coup d’être vécu, que ce n’est même
plus la peine de vous réveiller le matin et qu’un mauvais sort vraiment mauvais
frappe ce pays. Qu’en 2006, le FLN de Belkhadem nous donne rendez-vous en 2007
afin que l’on admire encore une fois, comme l’année dernière, comme les années
d’avant, comme depuis plus d’un demi-siècle, sa force, son retour en force et sa
capacité à passer en force, voilà ce qui me déprime profondément. Très
franchement, dans mes rêves (peut-être égoïstes, mais ce sont mes rêves !)
l’Algérie de demain est belle, vigoureuse, saine, transparente, parlant à haute
et intelligible voix, jamais au creux de l’oreille ennemie ou boursicotant sur
les valeurs patriotiques pour faire vaincre le kamis et le musc. Plus crûment
encore, je pensais que le sang avait été assez versé, que les veuves avaient
assez pleuré, que les orphelins avaient assez demandé après leurs parents partis
trop vite pour qu’aujourd’hui, Belkhadem se permette encore de nous donner
rendez-vous en 2007. Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai pas, vraiment pas
envie d’avoir rendez- vous avec Belkhadem et son FLN l’année prochaine. Ni les
années d’après. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|