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Jean-Michel Cavalli, le nouvel entraîneur des Verts, a déclaré
: «Prendre l’EN ne me fait pas peur.»
T’as raison mon grand ! C’est à nous
que ça fait peur !
Maître Aït Larbi, défenseur du commandant du navire le Batna, a raison de
rappeler ce qui crève les yeux des plus sensés, mais pas les mirettes des autres
: le naufrage du Béchara eu lieu juste en face de l’APN, la représentation
nationale, du siège du gouvernement et de la wilaya. Et à vol d’oiseau, pas très
loin non plus du ministère des Transports et de la présidence de la République.
Je me demande si certaines gens ont dormi paisiblement à l’annonce du
réquisitoire du procureur de la République demandant la peine maximale, la
perpétuité, à l’encontre du Pdg Koudil et de quatre de ses cadres. Bordel ! Dans
quel monde vivons-nous ? Ce monde qui risque de ne pas entendre cette évidence
matraquée par Maître Aït Larbi : le navire a coulé à quelques malheureux mètres
de «l’indifférence contemplative» de tout ce que compte ce pays comme décideurs,
au plus haut niveau. Et qu’on ne me bassine pas avec le fait que ce procès aura
montré l’état de déliquescence d’une entreprise en ruine, la CNAN. Non m’ssieur
! Ce procès aura dévoilé ce qui l’était déjà : l’état de déliquescence de l’Etat
! Faut-il que cet Etat soit à ce point en panne de solutions que nous ayons été
obligés, en pleine nuit, d’appeler les Espagnols afin qu’ils aient l’extrême
bonté, l’amabilité et la charité de nous envoyer en urgence un ou deux
hélicoptères dotés de véritables moyens d’hélitreuillage ? Et ça, c’est la faute
à Koudil ? A ses quatre cadres ? A la bonne vieille CNAN ? Combien encore de
naufrages ? Combien encore d’inondations ? Combien encore de séismes ? Combien
encore de cachir avarié ? Combien encore de vaccins pédiatriques périmés ?
Combien encore de circoncisions qui tournent à l’amputation ? Combien encore de
partis religieux fascistes autorisés à sévir, en infraction totale de la
Constitution ? Et combien de petits fusibles enverrons-nous devant le peloton
d’exécution, à la place de leurs «supérieurs» ? A la place de ceux qui étaient
aux premières loges du naufrage du Béchar ? Ces spectateurs de la vraie tragédie
nationale qui se déroule sous leurs yeux, sous leurs balcons, qui auraient pu
user de leur autorité «suprême», mais qui ne l’ont pas fait ? Et qui,
aujourd’hui, nous gouvernent et nous dirigent à perpétuité ? Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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