Mercredi 17 Mai 2006
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Babor lalgéré ghrak !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Jean-Michel Cavalli, le nouvel entraîneur des Verts, a déclaré
: «Prendre l’EN ne me fait pas peur.»

T’as raison mon grand ! C’est à nous
que ça fait peur !

Maître Aït Larbi, défenseur du commandant du navire le Batna, a raison de rappeler ce qui crève les yeux des plus sensés, mais pas les mirettes des autres : le naufrage du Béchara eu lieu juste en face de l’APN, la représentation nationale, du siège du gouvernement et de la wilaya. Et à vol d’oiseau, pas très loin non plus du ministère des Transports et de la présidence de la République. Je me demande si certaines gens ont dormi paisiblement à l’annonce du réquisitoire du procureur de la République demandant la peine maximale, la perpétuité, à l’encontre du Pdg Koudil et de quatre de ses cadres. Bordel ! Dans quel monde vivons-nous ? Ce monde qui risque de ne pas entendre cette évidence matraquée par Maître Aït Larbi : le navire a coulé à quelques malheureux mètres de «l’indifférence contemplative» de tout ce que compte ce pays comme décideurs, au plus haut niveau. Et qu’on ne me bassine pas avec le fait que ce procès aura montré l’état de déliquescence d’une entreprise en ruine, la CNAN. Non m’ssieur ! Ce procès aura dévoilé ce qui l’était déjà : l’état de déliquescence de l’Etat ! Faut-il que cet Etat soit à ce point en panne de solutions que nous ayons été obligés, en pleine nuit, d’appeler les Espagnols afin qu’ils aient l’extrême bonté, l’amabilité et la charité de nous envoyer en urgence un ou deux hélicoptères dotés de véritables moyens d’hélitreuillage ? Et ça, c’est la faute à Koudil ? A ses quatre cadres ? A la bonne vieille CNAN ? Combien encore de naufrages ? Combien encore d’inondations ? Combien encore de séismes ? Combien encore de cachir avarié ? Combien encore de vaccins pédiatriques périmés ? Combien encore de circoncisions qui tournent à l’amputation ? Combien encore de partis religieux fascistes autorisés à sévir, en infraction totale de la Constitution ? Et combien de petits fusibles enverrons-nous devant le peloton d’exécution, à la place de leurs «supérieurs» ? A la place de ceux qui étaient aux premières loges du naufrage du Béchar ? Ces spectateurs de la vraie tragédie nationale qui se déroule sous leurs yeux, sous leurs balcons, qui auraient pu user de leur autorité «suprême», mais qui ne l’ont pas fait ? Et qui, aujourd’hui, nous gouvernent et nous dirigent à perpétuité ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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