Des changements imprévisibles ont été effectués depuis lundi dernier au sein du ministère de la Justice. Pas moins de trois hauts fonctionnaires ont été limogés par le garde des Sceaux : le SG, le chef de cabinet et le directeur de l’administration pénitentiaire. D’autres changements ne sont pas exclus, selon des sources bien informées. Ilhem B. Tir - Alger (Le Soir) - Qu’est-ce qui se passe au sein du département de Tayeb Belaïz avec cette série de décisions mettant fin aux fonctions de plusieurs hauts cadres qui avaient rejoint le ministère depuis plusieurs années ? Le secrétaire général au ministère de la Justice, Dib Abdeslam, le chef de cabinet, Sahraoui Abdelkader, et le directeur de l’administration pénitentiaire, Felioune, ont été relevés de leurs fonctions cette semaine et d’autres départs ne sont pas à exclure dans les jours à venir. Le ministre de la Justice a chargé Fenni Lakhdar, directeur de l’administration à la direction générale de l’administration pénitentiaire, d’assurer l’intérim du SG et Lagine Zouaoui, sous-directeur à la direction générale des affaires juridiques et judiciaires d’assurer l’intérim du chef de cabinet. Cependant, plusieurs interprétations ont été faites au sujet de ces limogeages, notamment celui du directeur de l’administration pénitentiaire et relatives aux mouvements de protestation enregistrés au sein des établissements pénitentiaires et les grèves de la faim entamées par les prisonniers, notamment celle de l’ancien directeur général de Khalifa Bank, détenu à El Harrach. Les responsables au niveau du ministère avaient déclaré que «le défunt souffrait d’une lourde maladie et que tous les moyens nécessaires pour sa prise en charge existent au niveau de la prison. De plus, lorsqu’il faut faire intervenir les moyens de l’Etat, en l’occurrence les hôpitaux, nous n’hésitons pas. Ce qui a été le cas pour le détenu en question». Et celui-ci d’ajouter que «la mise en liberté provisoire, très complexe pour ce genre d’affaire, n’aurait pas arrangé son état. Nous avons fait ce que nous avons jugé nécessaire de faire». D’autres sources lient la destitution du directeur de l’administration pénitentiaire et celle du SG à la grâce présidentielle en faveur des journalistes et que personne n’a pu en bénéficier. Le décret présidentiel perçu comme un signal d’apaisement n’a eu aucun impact car toutes les décisions de justice et les condamnations n’ont pas acquis l’autorité de la «chose jujée». Le département de Tayeb Belaïz n’a pas su ficeler les dossiers relatifs à la grâce d’où sa responsabilité technique et juridique. Sur un autre volet, il y a lieu de mettre l’accent sur une autre action que compte mener huit inspecteurs centraux, celle de saisir le Conseil d’Etat pour être rétablis dans leurs droits. Il s’agit de huit inspecteurs centraux dont certains ont exercé cette fonction durant plusieurs années. Le ministre de la Justice a mis fin à leurs fonctions le 2 mai, les déléguant pour l’exercice de fonction de conseillers à la Cour suprême et les a installés le 10 mai. Les concernés ont justifié leur mécontentement par le fait qu’on les a privés du bénéfice de congé spécial. Il faut noter que la fonction d’inspecteur central est une fonction supérieure conformément au décret exécutif n° 90/227 du 25/07/1990 fixant les listes des fonctions supérieures de l’Etat au titre de l’administration, des institutions et des organismes publics et que son titulaire ouvre droit à un congé spécial conformément à l’article 30 du décret exécutif n° 90/226 du 25/07/1990 fixant les droits et obligations des travailleurs exerçant des fonctions supérieures d’Etat modifié et complété. Ces inspecteurs s’interrogent sur les raisons qui ont poussé le département de Belaïz à les priver de leur droit reconnu par l’article 55 de la Constitution et l’article 34 du statut de la magistrature et la réglementation suscitée. I. T.
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