Entre l’Algérie et le pays du Matin Calme, la coopération bilatérale au plan économique s’accélère. Deux événements marqueront en effet l’actualité de cette coopération la semaine prochaine. Il s’agit, pour le premier, de la tenue à Alger, samedi et dimanche prochains, de la deuxième session de la commission mixte algéro-sud-coréenne et, en second, de la visite d’une délégation d’hommes d’affaires sud-coréens dans le cadre d’études d’investissements. Concernant la tenue de la commission mixte, elle sera présidée, du côté algérien, par le ministre de la Participation et de la Promotion de l’investissement, Abdelhamid Temmar, et du côté sud-coréen par son ministre du Commerce, Kim Hyun Chong. Une session qui aura à faire le point sur une coopération de plus en plus intensifiée et que la signature d’accords dans les domaines de l’agriculture et des technologies de l’information et de la communication (TIC), notamment, va consolider. Cette session se tiendra à la suite du séminaire sur l’investissement en Algérie, qui s’est déroulé à Séoul en début du mois en cours et qui a vu la participation du ministre délégué à la Réforme financière, Karim Djoudi. Auparavant, un forum des hommes d’affaires algériens et sud-coréens avait réuni, le 12 mars dernier au Palais des Nations à Alger, les opérateurs économiques des deux pays. Un forum coïncidant avec la visite d’Etat que le président sud-coréen, Roh Moo hyun, a effectuée en Algérie, du 11 au 13 mars écoulé. Une visite fructueuse et qui a permis la signature de plusieurs accords de coopération et le paraphe d’une déclaration de partenariat stratégique diversifié. Celle-ci stipule, essentiellement, le renforcement de la coopération dans le cadre de la commission algéro-sud-coréenne, sur les plans économique, scientifique et technologique, et à travers toute association mixte, en vue de développer les relations économiques et commerciales. En ce sens, la visite annoncée pour les prochains jours à Alger d’une délégation d’investisseurs de la dixième économie mondiale est de bon augure pour le développement de ce partenariat voulu stratégique et multiforme. En effet, ces investisseurs noueront des contacts, et prospecteront pendant une semaine les potentialités du marché algérien. Un marché que la Corée du Sud considère justement comme le plus prometteur en Afrique, et encourage ses entreprises à s’y intéresser de très près. Un intérêt croissant pour les secteurs de l’énergie, de la construction de logements et de la construction navale mais aussi pour l’agriculture, la pêche et l’aquaculture, ainsi que le tourisme. Ainsi, le moment est opportun pour l’investissement sud-coréen dans la réalisation d’infrastructures navales, plusieurs projets communs dont celui du groupe privé algérien Cevital avec le sud-coréen Posco (Pohang Steel Company) étant soit envisagés ou déjà en voie de lancement. Une présence voulue aussi de l’expertise sud-coréenne dans le développement du secteur de la pêche et de l’aquaculture en Algérie. Un apport sud-coréen potentiel concernant, notamment, la fabrication de bateaux, d’une longueur supérieure à 20 mètres pour la pêche en haute mer et la réalisation d’une étude d’évaluation des ressources halieutiques, outre la formation aux techniques de pêche spécifiques au pays du Matin Calme. En transférant leur savoir-faire dans ce domaine, les Sud-Coréens veulent aller plus loin dans leurs échanges avec notre pays, au-delà de l’exploitation directe des ressources thonières et autres dans les zones de pêche algériennes, en aidant à l’essor des exportations de produits marins. De fait, les atouts géographiques, naturels et climatologiques de l’Algérie attirent intensément les opérateurs économiques sudcoréens, volontaires pour appuyer notre développement agricole. Cela allant de l’implantation de variétés agricoles sud-coréennes, inconnues en Algérie, dans un objectif d’exportation, au développement des techniques de production agricole intensifiées, pour une meilleure rentabilité et productivité, les capacités géographiques de l’Algérie le permettant, en passant par une revalorisation des capacités d’exportation de notre industrie vinicole et d’agrumes. La Corée du Sud manifeste aussi son attention pour le développement du secteur touristique algérien, notre pays possédant des atouts incomparables en termes d’espaces touristiques et un potentiel d’infrastructures hôtelières à développer, et pour un aménagement architectural et pensé du territoire. Et ce, sans omettre l’importance que représente le marché algérien pour un des leaders mondiaux des TIC, la Corée du Sud étant déjà présente commercialement dans notre pays par ses produits de téléphonie mobile et audiovisuels Samsung. Cela même si le projet d’une usine de production Samsung en Algérie reste encore au stade de l’idée. En outre, la Corée du Sud, pionnier dans les technologies de l’Internet, s’intéresse à l’introduction dans notre pays notamment de la technologie Wibro (WirelessBroadband), l’équivalent du Wimax mobile. Et aussi en rappelant que la Corée du Sud est aussi présente en Algérie par ses marques de véhicules Hyundai notamment, une volonté d’intensifier le partenariat industriel entre les deux pays étant affichée même si le projet de partenariat entre la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et le groupe Hyundai reste également au stade du possible. Ce faisant, le pays du Matin Calme booste sa coopération avec l’Algérie où un programme de consolidation de la croissance est lancé et bénéficie d’une manne financière impressionnante. A charge pour l’Algérie de poursuivre sa croissance économique de manière durable, soutenue à un taux de 6%, voire plus, et de façon efficiente et rationnelle, en garantissant l’équilibre entre les régions nord et sud du pays mais aussi avec la région des Hauts-Plateaux. Une coopération bilatérale dont l’expansion se traduira, à terme, par une présence plus accrue d’opérateurs économiques sud-coréens dans notre pays, et vice-versa, et pourquoi pas par des échanges touristiques effectifs entre les deux pays. Cela, en souhaitant l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre les deux pays même si l’option, au demeurant normale, d’une liaison aérienne et même maritime doit d’abord répondre à l’impératif de l’efficience économique. En attendant, la coopération bilatérale prend aussi la dimension culturelle, l’organisation d’une manifestation cinématographique sud-coréenne et d’un spectacle d’un ballet de danse sud-coréen étant prévue la semaine prochaine à Alger. En outre, un partenariat stratégique qui cible aussi le domaine de l’information, des possibilités d’échanges entre les secteurs de la presse, algérien et sud-coréen, étant fortement envisageables. Cela visant tant un transfert de savoir-faire, la Corée du Sud possédant une expérience plus libérale dans ce domaine, qu’une meilleure connaissance, dans chacun des deux pays, de la réalité de l’autre. En somme, une palette très large de possibilités de partenariat et d’expansion de la coopération bilatérale. Chérif Bennaceur
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