Suite ou fin. Le suspense est donc entier à quelques heures de
l’engagement de la 29e étape du championnat de Première division,
l’avant-dernière d’un exercice 2005/2006 éreintant. Pas du tout
spectaculaire, spéculatif surtout. Un jeudi qui aura l’allure d’un
dreamround. Le parfait jeudi de l’angoisse. Par qui commencer ? Par Oran,
bien sûr. Le temple Zabana abritera le parfait match couperet.
MCO-JSK n’est
plus ce classique que les Chaïb Lhouari, feu Hadefi ou Kechra, côté oranais,
Miloud Iboud, Aouis et autre Maghrici animaient avec brio et beaucoup de
virtuosité. C’est la nouvelle mode qui s’installe, à El-Hamri notamment. Un
club qui se meurt depuis voilà dix ans. Une longue période de disette
entrecoupée par quelques exploits, par-ci par-là, en compétition arabe et un
trophée ramené d’El-Ismaili puis de Damas. Sinon, ce sont deux coupes
d’Algérie perdues face à un seul adversaire, le WA Tlemcen, respectivement à
Alger et à Annaba. Pas d’autres faits d’armes, mais bien de désillusions et
d’humiliation comme ces deux MCO qui attendaient le NAHD à Bel- Abbès.
Aujourd’hui, en l’an 2006, les Hamraoua voient toujours rouge. Et seule un
succès face au leader kabyle est en mesure de l’extraire du purgatoire.
Définitivement, au risque d’aller chercher l’aumône du côté de
Soustara, le
25 mai prochain. Pour l’histoire, un USM Alger- MC Oran a déjà été décisif
en 1983 et Benmimoun, Sebaâ, Meziane et Lebbah sont venus à Bologhine
prendre les fameux points du salut, enfonçant du coup leurs hôtes où
Guedioura, feu Bouaïchaoui, Derouaz et Soumatia en division régionale. Mais,
depuis le monde a basculé. Les Kabyles, dit-on, aiment les Oranais et la
relation historique ne doit pas être altérée par un duel des extrêmes pour
le moins dramatique. Plus facile à dire qu’à faire… Même taux de suspicion
et d’adrénaline attendus à Alger. Au stade Municipal précisément où les Sang
et Or, 13es exæquo avec Annaba, accueillent des Rouge et Noir de l’USM Alger
dans une position… inconfortable de dauphin, à une longueur des Canaris.
Pour ceux qui connaissent les affinités entre ces deux équipes, avec
notamment de nombreux échanges de joueurs dont les principaux sont Dziri et…
Yacef, aujourd’hui parti à Tizi-Ouzou, le propos d’un énième échange n’a pas
de sens. Mais, depuis que Yacef a filé entre les mains de Allik pour échouer
dans celle de l’ennemi juré (en dépit des protocoles), a refroidi les
relations. Hamza a quitté l’USMA avec le consentement de son président en
vue de se perfectionner chez les voisins et revenir offrir des titres au Kop
de Saint-Eugène.
Les fortunés et les autres
Jamais un championnat n’a été aussi serré et indécis que celui qui
s’achèvera jeudi prochain. Dans ce triste décor, la meute des menacés est
aussi “alléchante”. Aujourd’hui, et après avoir donné son premier verdict
concernant le nom du premier relégué (USB) il y a deux mois environ, le
championnat devra livrer sa seconde victime cet après-midi. Celle-ci
pourrait justement venir de Biskra. La reine des Ziban accueille le doyen de
l’antique Cirta, le CSC, qui a repris goût au succès lundi face aux gars d’El-Hamri
sans pour autant se dégager de la 15e place. Un petit point sur la pelouse
du stade d’El Allia et c’est l’enfer assuré pour Medjoudj et compagnie. Une
victoire par contre offre un dernier sursis aux Sanafir qui guettent un
faux-pas de ses concurrents directs pour le maintien. Particulièrement le
NAHD et l’USM Annaba (32 pts), sans oublier le WAT (33 pts) et le MC Oran
(34 pts). Atteindre les 36 points ne sauvera pas les Constantinois. La barre
des 37 points est impérative pour rester parmi l’élite et les Navigateurs et
les Bônois doivent la franchir et prier pour que le WAT et le MCO trébuchent
aujourd’hui. Tlemcen pourrait être le troisième larron dans cette
probabilité. Défaits à Batna, les hommes de Lekkak se déplacent à nouveau,
cette fois chez le doyen de la capitale euphorisé par ses trois derniers
résultats. C’est un avant goût de ce qui sera les demi-finales de l’épreuve
populaire. Le MCA n’oublie pas le 8-1 de l’été dernier, encore moins que
cette formation tlemcénienne est sa bête noire. C’est l’équipe qui ouvre la
voie à toutes les crises du Mouloudia. Le club du Dr Messaoudi vient
justement de sortir d’un profond coma provoqué à Tlemcen, celui-là même qui
a précipité le fracassant limogeage de Nouzaret. Reste le cas de Annaba dont
l’avenir en division Une dépend en grande partie du match d’aujourd’hui à
B.B.A. Le Ahly «ne vend pas et n’achète pas», tiennent à rappeler les
Criquets. Cette saison, seul le MCA, alors en crise, est allé l’emporter au
stade du 20-Août 55 face au CABBA. Les Tuniques rouges n’en ont ramené de
l’extérieur que deux points (nul à Biskra et à Alger face au PAC). Alors ?
M. B.
JS KABYLIE
Ames sensibles, faites gaffe !
Voilà, on y est ! C’est le grand virage qu’amorce ce jeudi la JSK dans
cette haletante course au titre qui l’oppose à l’USMA. Une journée du genre
à déconseiller aux âmes sensibles, puisque c’est sur ces quatre-vingt-dix
minutes que se jouera le sort de toute une saison pour une équipe qui a
longtemps fait, en solo, la course en tête avant de plonger dans le doute.
Entre le MCO et la JSK, les deux équipes qui, doit-on le rappeler, n’ont
jamais eu à connaître les affres de la relégation depuis qu’elles ont mis
les pieds en Première division, les confrontations ont toujours constitué
des moments forts du championnat d’Algérie. Mais, jamais des retrouvailles
entre les Kabyles et les Oranais n’ont eu l’importance comme celle qu’elle
revêt cette fois. Que la pression sera forte cet après-midi sur la pelouse
de Zabana ! Sur les deux équipes s’entend. Les Canaris n’ont absolument plus
aucun autre choix que de sortir le meilleur d’eux-mêmes s’ils ne veulent pas
que leur sort dépende des performances d’autres parties et mettre ainsi en
péril tout ce qui a été édifié depuis près de dix mois. Les occasions de
sceller le sort de cette 43e édition du Championnat d’Algérie, les Canaris
ont certes perdu pas mal depuis la belle victoire ramenée de Constantine en
mars dernier, puis tout récemment encore, lors des deux matches de retard
face au Mouloudia d’Alger puis à Bordj Bou-Arréridj, mais pour Yacef et ses
frères, le fait est que, même si beaucoup feignent l’oublier, l’USMA est
beaucoup plus condamnée à vaincre que ne le sont les Canaris en réalité. Un
nul du tenant du titre face au NA Hussein-Dey et Boudjakdji et consorts
pourront dormir sur leurs deux oreilles puisque, même une défaite à Oran ne
remettra pas en cause leur leadership. A condition, bien entendu, de ne pas
vendanger les points en jeu, lors de la dernière journée face à l’US Biskra.
C’est dire donc, combien ce petit point d’avance que comptent les Canaris
“vaut son pesant de cacahuètes” comme dirait l’autre. Azedine Maktour
MC ORAN
Vaincre ou périr
Pour le Mouloudia le maintien passe par une victoire et il en est de même
pour la JSK qui veut reprendre le titre à son poursuivant immédiat l’USMA.
Aussi, les Mouloudéens auront également sur leur passage les Unionistes de
Soustara. C’est dire que cette fin de saison sera un véritable dilemme pour
les poulains de Medjadj et Sebbah. La seule satisfaction qu’ils auront c’est
de jouer devant leur public qui viendra lui en masse. L’ensemble des joueurs
est prêt pour la bataille malgré la défaite subie à Constantine et surtout
le mauvais accueil qui leur a été réservé. L’on a fait état d’un blocus à
l’aéroport de Aïn-El-Bey et l’exiguïté du stade Benabdelmalek. Les
supporters oranais n’ont pu y accéder dans la mesure où les gradins étaient
totalement remplis par les Sanafir. La rencontre d’aujourd'hui sera très
difficile à gérer tant par les joueurs que par les services de sécurité. Les
uns pour leur offrir une bonne prestation et les autres pour les canaliser
et assurer le maintien d’ordre. De la place, il y en aura pour tous, dans
l’antre oranais du stade Zabana où la belle pelouse sera propice pour tout
exploit. Les coaches auront à présenter leur meilleur groupe après lui avoir
donné des consignes strictes et surtout retapé son moral pour ne pas céder à
la pression du public trop exigeant. C. Khalil
WA TLEMCEN
Benmoussa, la nouvelle étoile tlemcénienne
Il n’a que 19 ans, et pourtant il est déjà le patron du
WAT, son meilleur
buteur, et le joueur le plus médiatisé depuis 6 mois. Il s’agit bien sûr de
Benmoussa Mokhtar un jeune pétri de qualités dont les journalistes ne
tarissent pas d’éloges. Pour le connaître un peu mieux, nous sommes allés à
sa rencontre.
Le Soir : D’abord, qui est Benmoussa ?
Mokhtar Benmoussa : Je m’appelle Benmoussa Mokhtar, je suis né à
Tlemcen, le 11 août 1986, je mesure 1,67m et pèse 63 kg. Par ailleurs,
sachez que je chausse du 40, pour une taille 36...
Comment es-tu venu au football ?
Comme tous les jeunes, on jouait dans la rue et j’ai rejoint le WAT en
minimes. Depuis, je ne l’ai pas quitté, et j’ai joué dans toutes les
catégories du WAT.
Tu joues en seniors depuis quand ?
Depuis cette saison, j’ai commencé avec Medjadj en début de saison, et
je continue avec Lekkak. Disons que j’ai commencé avec les seniors à 19 ans.
Benmoussa se fait remarquer. A-t-il des contacts ?
Oui, bien sûr, plusieurs clubs (dont je tairai les noms) m’ont approché
; mais je pense d’abord à mon club et au maintien. Une fois cet objectif
réalisé, on pourra voir plus clair car je serai libre en juin...
Quels sont tes objectifs ?
D’abord assurer le maintien et gagner la coupe avec le WAT, et ensuite,
réussir une carrière professionnelle en Europe, et ça c’est le rêve de tout
footballeur.
Quels sont les joueurs que tu admires le plus ?
En Algérie, c’est Deham et en Europe ce sont Zidane et Requelme de
Villareal.
Un dernier mot ?
D’abord je vous remercier d’avoir pensé à mois, je souhaite longue vie à
votre journal et j’espère réussir une belle carrière de footballeur d’abord
ici et ensuite à l’étranger.
Amar G.
FODHIL HADJADJ (MILIEU DE TERRAIN DU MCA)
“Ne pas se déconcentrer”
Le Soir : Votre équipe semble dans une parfaite forme, à la vue des
bons résultats réalisés au cours de ces dernières journées ?
Fodhil Hadjadj : Heureusement pour nous que cette série intervient au
bon moment. Cela a commencé par notre succès méritoire enregistré face à l’ESS
en coupe, puis un nul face à la coriace équipe de la JSK, cela nous a ouvert
l’appétit. Cela s’est vérifié lors du derby qui nous a opposés aux
Belcourtois, sanctionné par un succès.
Votre nouveau coach Bracci serait-il derrière ce déclic ?
M. François Bracci, de par son expérience, a su nous remobiliser, et nous
faire croire qu’on peut se rattraper, l’équipe a cru en ses moyens et cela
s’est matérialisé par ses bonnes performances.
Maintenant votre équipe a un nouveau visage
Le Mouloudia possède un bon groupe. Je dirais qu’on a vraiment raté
notre saison, car on aurait pu prétendre à nettement mieux. Contrairement au
début de saison, notre groupe a acquis la cohésion qui lui faisait défaut.
Ceci dit, il faut se nourrir de regrets, le plus important est de continuer
sur cette voie.
Ce jeudi, vous accueillez le WAT, une occasion pour vous de gagner encore
plus de points.
On ne doit sous aucun prétexte perdre le moindre point durant cette
partie. Les trois points de cette rencontre sont d’une importance capitale
pour le Mouloudia afin de terminer la saison dans une place qualificative à
la Coupe arabe. Pour ce faire, il ne faut surtout pas se déconcentrer face à
cette équipe tlemcénienne qui viendra à Alger jouer sa survie.
Propos recueillis par M.A
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