La faculté des sciences humaines et des sciences sociales de l’université de Tiaret a vécu les 16 et 17 de ce mois d’intenses activités à l’occasion de la célébration du sixième centenaire de la mort du penseur Ibn Khaldoun avec la participation d’une pléiade de conférenciers algériens, ainsi que d’autres venus de Syrie, Libye, Egypte, Maroc, Tunisie, Espagne et France. En effet, dans son intervention d’ouverture, Amar Mahmoudi, Dr en linguistique et chercheur en histoire, est allé débattre de l’origine des Khaldoun, descendants, dira-t-il de la puissante tribu des Kindas ayant habité le Hadramaout au sud de la péninsule arabique. Sur le plan linguistique, le conférencier a mis en exergue l’étymologie du même concept désignant par son préfixe “Oun”, une marque de noblesse et de puissance chez les Kindas de Séville, précisera-t-il. Le Dr Mahmoudi, qui compte à son actif plusieurs travaux de recherche évoquera par la suite Ibn Khaldoun l’historigraphe, celui, souligne-t-il, “qui a eu le grand mérite d’établir les lois de l’histoire dont l’objectif est de déceler la vérité (...)”. En pédagogie, “ce fut l’un des plus grands innovateurs, il s’érigera contre la scolastique médiévale dont l’enseignement était basé sur des principes dogmatiques”, ajoute-t-il. “Bien avant Montaigne, Ibn Khaldoun énonçait que l’enfant n’est pas un vase à remplir, mais un organe à fortifier... Trop de mots (verbalisme) n’engendre que des maux et réduisent l’enfant au psittacisme (...)” clôture-t-il. Allant du thème principal “Valeurs universelles de la pensée d’Ibn Khaldoun”, les autres communicants ont présenté à l’assistance le penseur dans toutes ses dimensions, mettant en relief les domaines qu’il a pu percer telles la philosophie, la sociologie, l'économie, la politique, l’éducation, l’histoire et autres. Outre les travaux d’ateliers qui ont marqué cette manifestation, les organisateurs ont également prévu une exposition de photos et de documents illustrant des échantillons de travaux sur le penseur agrémentés par des extraits de la célèbre œuvre la Moqadima ainsi que les grottes d’El Adjdar (dans la région de Tiaret) du fait du lien intime qu’elles avaient avec Ibn Khaldoun. De son côté, M. Hadj Zoubir, recteur de l’université de Tiaret s’est dit réconforté par la réussite de ce 6e centenaire d’autant qu’il a débouché sur la signature de conventions avec les universités du Caire et de Valence entre autres, et ce, dans le cadre des échanges et de la formation aussi bien des étudiants que des enseignants. ll convient de préciser que Tiaret qui garde toujours son attachement à cet homme, avec la baptisation de son nom de l’université, bénéficiera prochainement d’un centre d’études khaldouniennes à Frenda, qui devrait servir de références pour la recherche, le développement et la sauvegarde du savoir en hommage à ce maître-penseur... de tous les temps et sans successeur comme l’a si bien évoqué le professeur Josephe de l’université de Valence en Espagne. Mourad Benameur
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