La fille de Tessala (Sidi-Bel-Abbès) a pu exaucer son dernier vœu, celui d’être enterrée à Oran, là où elle a vécu ses premiers jours de gloire. La femme à la voix rauque, l’une des inspiratrices du raï contemporain, a fait un retour aux sources plutôt triste et discret, elle qui avait tant dérangé ceux qui appréciaient son style discrètement et secrètement. Car quels que soient les reproches, c’était une diva, une femme audacieuse qui a dû son succès à sa poésie incomparable, à ses textes violents et érotiques, le tout empreint d’une humilité et d’une souffrance qu’elle dévoilait avec une sérénité indéniable. Le corps de la défunte a été rapatrié hier de Paris. Seuls ses proches et quelques anonymes étaient présents à l’aéroport pour “l’accueillir” et l’accompagner au domicile familial à Bel-Air. L’enterrement a eu lieu hier à Oran. Ses innombrables fans qui, eux, ne cachent pas leur admiration pour “la mamie du raï” garderont d’elle l’image d’une femme forte, vêtue de ses longues tuniques, affichant une nature explosive et toujours prête à chanter et les enchanter avec sa voix et son style que nul ne pourrait lui ôter ni interdire. La cheikha s’en va, son talent, lui, demeure. A. B.
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