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«Ça y est ! C’est maintenant officiel ! Le Sénat vient de repousser
de manière définitive un projet de réforme constitutionnelle
qui visait à permettre au président de la République de briguer
un 3e mandat.»
Au Nigeria, bien sûr !
Je me disais aussi que ça commençait à faire longtemps, trop longtemps pour
être normal. Pensez ! Depuis le ministre Demagh El Atrous et la baffe qu’il
avait assénée, il y a plus de dix ans, à une consœur de la radio, plus aucun
ministre de la République n’avait osé, depuis, porter la main sur un journaliste
ou le rudoyer. Du moins, à ma connaissance. Ouf ! Les choses viennent de rentrer
dans l’ordre brutal du système qui nous gouverne. Amar Tou, ministre de la Santé
(Si ! Si ! Je vous assure ! Ce n’est pas une blague), en visite à Oran, s’en est
physiquement pris à une journaliste du quotidien Liberté. D’après les nombreux
témoignages récoltés sur place, Amar Tou, ministre de la RADP (mais enfin !
Puisque je vous dis qu’il ne s’agit pas d’une blague !), n’aurait pas apprécié
l’insistance de notre consœur et des autres journalistes à obtenir des réponses
précises à une série de questions portant sur la cascade de scandales qui ont
ébranlé ces dernières semaines le secteur de la santé. Et quand Monsieur Tou
n’est pas content, que fait-il ? Il malmène une femme journaliste. Il l’insulte
dans toutes les langues et dans tous les patois qu’il a en stock sous la langue.
On pense que la personne chargée de veiller sur la santé des Algériens va se
suffire de cette déjà très grave dérive, qu’elle va se ressaisir, qu’elle va
demander des excuses à la consœur et tout le tintouin. Figurez-vous que non !
Pis ! Il a fallu des gros bras, des malabars, des costauds pour éloigner le
ministre frappeur de sa victime et, ensuite, pour l’empêcher de revenir vers
elle terminer sa besogne, en clair «l’immense œuvre» qui consiste pour un homme
à tabasser une femme. C’est tout de même dingue ! Dès qu’une journaliste pose
une question qui dérange, on montre les poings et on bouscule. Mais dès qu’un
président de la République vous qualifie en public de menteurs, de gros nuls, de
falsificateurs de chiffres, les regards se font fuyants, les têtes se baissent,
les petits poings se terrent dans les poches des costumes luxueux et le seul
patois parlé, c’est celui-ci : «Naâm sidi erraïs ! Naâm !» Yakhi redjla, yakhi !
Je préfère fumer du thé et rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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