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«Désormais, les jouets dangereux sont interdits.»
Même Ould Abbès ?
Un moment, j’ai eu la peur de ma vie. Finalement, il n’y avait pas de quoi se
payer d’une frayeur. Le tout nouveau ministre de la Communication m’a rassuré.
Il n’est toujours pas question d’ouvrir l’audiovisuel public au privé. Je me
suis tenu le ventre jusqu’au moment où, de l’auguste orifice buccal de Monsieur
le ministre de la Communication est sortie la délivrance : «Non ! Pas
d’ouverture pour le moment !» Ouf ! Vous imaginez un peu la panique s’il avait
dit tout le contraire ? Car il y a sur cette bonne vieille terre d’Algérie des
constantes, des invariants, des certitudes, des valeurs immuables, des
fondamentaux, des principes, des blocs de granit, des rocs, des récifs, des
inébranlables, des acquis, des inchangés, des «inbougeables» et des intouchables
avec lesquels il ne faut pas jouer. LA TELE EST UNE ET INDIVISIBLE ! C’est cela
notre devise. Nous sommes nés avec. Nos enfants aussi. Nous mourrons avec. Nos
enfants et leurs petits-enfants aussi ! C’est notre “saâd” ! C’est notre pioche
! C’est notre lot quotidien depuis près d’un demi siècle ! Pourquoi changer
maintenant ? Pourquoi prendre des risques inutiles. Pourquoi mettre en danger
notre démocratie en lui offrant un outil de démocratie par excellence, une
télévision non contrôlée par le régime? Restons sur nos constantes, ne touchons
à rien ! Voyez ce qui est arrivé le jour où nous nous sommes mis dans l’idée de
changer l’ordre des choses en autorisant la création de journaux privés,
indépendants du bon vouloir du pouvoir. C’est l’anarchie totale, l’overdose
d’opinions libres, le trop-plein d’ouverture, l’excès de parole sans muselière.
Retenons donc les leçons du passé récent. Unique elle est. Unique elle restera,
notre télé ! Fumons du thé et restons éveillés, le cauchemar cathodique
continue.
H. L
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