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«Jeune homme célibataire, de bonne famille, cherche jeune fille
pour union sérieuse et durable. Photo et démodulateur analogique
souhaités. »
Surtout le démo !
Trinité-et-Tobago. Un caillou flottant tant bien que mal sur les eaux
caraïbes. Même pas un gros caillou. Un archipel de quelques kilomètres carrés
peuplé par moins de 1 million 400 000 habitants. Vous avez à peine le temps de
lire sur une plaque «Bienvenue à Trinité-et-Tobago» que vous déchiffrez déjà sur
la plaque suivante «la commune de Trinité-et- Tobago vous souhaite bonne route».
Pour préparer les Jeux olympiques, les nageurs du 4X400 mètres nage libre de
Trinité-et-Tobago font le tour de l’archipel deux fois. C’est le seul pays au
monde où UPS et DHL refusent de s’implanter au motif logique que la distribution
rapide du courrier et des colis n’est pas rentable. Le seul avion de la seule
compagnie aérienne de l’archipel qui assure les lignes aériennes n’a pas le
temps ni la distance nécessaires pour décoller d’une ville à l’autre. Les
voyageurs montent dans l’avion. L’appareil met les gaz, roule sur la piste et
s’arrête au bout. Les voyageurs descendent, car ils sont arrivés à destination.
A Trinité-et- Tobago, il y a une seule brigade volante de la douane. Elle
surveille la frontière nord le matin de 6 heures à midi. De midi à 15 heures,
les douaniers se déplacent vite fait à la frontière est. De 15 heures à 18
heures, ils font un saut à la frontière ouest. Et de 18 heures à 22 heures, ils
se reposent enfin, les requins des Caraïbes se chargeant de patrouiller dans les
eaux territoriales, au sud de l’archipel. Eh bien, figurez-vous que dans ce pays
grand comme un mouchoir de schtroumph, il y a un pouvoir politique, un régime,
un gouvernement et des autorités qui ont décidé, malgré un budget général de
l’archipel un peu juste, malgré de gros travaux à effectuer après le passage
d’un fort ouragan l’hiver dernier et malgré les frais de maintenance des deux
avions de chasse qui constituent l’ensemble des forces aériennes du pays, qu’il
fallait un entraîneur de renom à l’équipe nationale de football de
Trinité-et-Tobago. Ils n’ont pas cherché dans l’annuaire racorni des entraîneurs
de seconde zone. Ils ne sont pas allés puiser un coach dans les discussions de
café du commerce. Non ! Le minuscule et riquiqui archipel de Trinitéet- Tobago
s’est payé les services du Hollandais Léo Benhaker. Un monument du football
européen et mondial. Un entraîneur au CV presque aussi épais que les archives de
la FAF. Pourquoi je vous parle de la FAF ? Pour rien ! C’est hors sujet, je le
reconnais. Je voulais juste vous parler de Trinité-et-Tobago. Voilà, c’est fait
! Vous pouvez maintenant vous remettre à fumer du thé et à rester éveillés, le
cauchemar continue.
H. L.
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