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«Coopération Nord - Sud ! La France efface la dette du Togo.»
Un beau geste !
Sous prétexte qu’une bombinette a encore explosé à Boumerdès, il nous
faudrait enclencher le signal d’alarme ? M’enfin ! Pourquoi alors ne pas
réactiver les «fameuses» campagnes télé appelant à la vigilance, rediffuser ces
spots qui montraient un sac abandonné au pied d’un poteau dans un marché avec en
voix off cette caverneuse et effrayante voix qui vous disait en arabe : «HADHARI
! HADHARI ! HADHARI !» Non ! Ce n’est pas sérieux ! L’Algérie, alhamdoulillah, a
renoué fermement avec la paix. Nous vivons enfin dans un climat de sérénité et
de fraternité avérés et certifiés conformes par la mouture de la prochaine
Constitution. Il ne faut pas céder à la panique. L’Algérie, de Maghnia à El Tarf
et d’El Mouradia à Bordj-Badji-Mokhtar, est pacifiée et sûre. Et ce n’est pas un
pétard ou deux, reliquat d’une saisie de containers datant du dernier Mouloud,
qui doit nous faire réviser notre enthousiasme, notre euphorie et notre
quiétude. Cessons également de lier la recrudescence des attentats et des
assassinats au fait que près de 3000 tangos du GIA et du GSPC aient été libérés
et blanchis à l’Ariel. Il n’y a que les communistes, les éradicateurs et les
journalistes déçus de n’avoir pas été vraiment graciés pour établir ce lien
alambiqué. Ce sont ceux-là les vrais ennemis de l’Algérie et du renouveau. Ces
brebis galeuses qui guettent tels des charognards le moindre entrefilet
sécuritaire dans les journaux pour se jeter dessus, le décortiquer et en
conclure à la menace terroriste. Regardez ! A cause d’eux, à cause du climat de
nihilisme qu’ils ont réussi à instaurer, le dispositif policier a été
considérablement renforcé dans la région centre. Si ce n’est pas malheureux !
Citoyennes ! Citoyens ! Il vous faut être vigilants. Méfiez-vous ! Pas des sacs
posés contre les arbres dans les marchés. Pas des gentils barbus qui stoppent
votre bus au détour d’un col. Non ! Faites montre de vigilance extrême à
l’encontre de ceux qui veulent vous faire croire que la paix ne se décrète pas,
qu’elle s’arrache. Ceux-là sont les vrais ennemis des pays gouvernés par
ordonnances, par décrets et par référendums. Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
P. S. : Il est 18 h. Au moment de remettre ma chronique, tombe sur le
fax cette information: l’assassinat de cinq personnes à Chréa, Blida. Il n’y a
évidemment aucun lien avec le contenu de la chronique. Bien évidemment !
Le fumeur de thé
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