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Quel est le comble pour un DG des douanes à qui on demande
s’il connaît le motif de son limogeage ? C’est de
répondre…
… «Je n’ai rien à déclarer !»
Plus personne n’en parle. Et quand j’écris «plus personne » il faut vraiment
lire «plus personne !». Citez-moi un article de presse, une déclaration, un
commentaire sur son état de santé. Rien ! Pourtant, il s’agit bien d’un chef
d’Etat. Et pas de n’importe quel Etat. Quoi qu’on puisse en penser, quoi qu’on
puisse en dire, qu’on l’aime ou qu’on le déteste ou même qu’on y soit totalement
indifférent, cet Etat fait partie d’un ensemble planétaire, a des relations avec
d’autres nations, jouit d’une réputation, bonne ou mauvaise. Il est tout de même
étrange qu’aujourd’hui, on fasse comme si ce chef d’Etat n’avait pas été évacué
d’urgence vers un grand hôpital, comme si son état n’avait pas été jugé
suffisamment sérieux, très sérieux pour nécessiter une telle admission en soins
intensifs. Pendant de longues semaines, l’opinion est restée accrochée à la
moindre information, au moindre bilan officiel. Puis, silence radio. Silence
télé. Silence tout court. A l’inflation d’informations sur le moindre battement
de cils de ce président, aux avalanches quotidiennes de commentaires et de
supputations sur l’état de santé réel ou supposé de ce raïs, a subitement
succédé un silence de cathédrale. J’ai l’impression qu’une énorme main, une
lourde paluche a baissé un rideau de fer sur cette affaire. Et personne n’a plus
osé depuis protester contre cette «fermeture». Les habituels faiseurs
d’opinions, les marchands de papiers qui comptent, les décideurs s’accommodent
de ce black-out. On dirait même qu’il les arrange et qu’ils y souscrivent
pleinement. Désolé ! Mais devant cette véritable omerta, devant cette loi du
silence ignoble et castratrice, devant cette privation du droit à l’information
dont doit jouir chaque citoyen, je vais jouer le fouille-merde ! Allez ! Je me
lance et advienne que pourra : «Pourquoi nous cache-t-on la vérité sur l’état de
santé d’Ariel Sharon ? Cela fait des mois qu’il est plongé dans un coma profond.
Est-il encore en vie ? S’il est mort, pourquoi n’en avoir pas informé le monde ?
A quelle logique répond ce mystère dont les Israéliens et leurs alliés entourent
le sort de Sharon ?» En attendant des réponses qui ne viendront bien évidemment
pas, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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