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«Youpi! Je viens d’être amnistié! Je suis tellement heureux, que je
m’engage solennellement à reverser à une œuvre caritative les
indemnités que m’octroiera l’Etat.»
Ould Abbès, j’attends mon chèque !
Et voilà ! Maintenant, ils veulent faire le reproche à de jeunes Algériens
d’avoir fêté la victoire de la France face au Brésil. C’est un peu trop facile
de s’en prendre à des gosses en les traitant de «hizb frança» et de «harkas».
Les gosses de chez nous ne peuvent même pas vivre sur le souvenir de Algérie -
RFA au Mondial espagnol en 1982. Ils n’étaient pas nés ! Nous, leurs parents,
nous leur racontons que notre valeureuse équipe avait battu les Teutons 2 buts à
1. Eux sourient doucement, comme s’ils voulaient ménager des demeurés, nous
zappent et se remettent aussitôt à s’extasier face aux exploits de Zizou. C’est
comme ça ! Leur héros est français de papiers et un petit chouïa algérien de
cœur. On ne va tout de même pas leur enlever cela aussi. Déjà qu’avec nos
conneries, l’islamisme armé, nous leur avons volé leurs quinze plus belles
années, les premières. Faut juste se dire que nous sommes tellement nuls que
nous n’arrivons même plus à produire du rêve et des modèles sportifs à nos
enfants. Je vous en donne une illustration toute fraîche, saisie ces dernières
heures dans l’actualité du foot algérien : un stage de l’équipe nationale à
Tikjda vient d’être annulé. Pourquoi ? Parce que les dates chevauchaient avec la
reprise des entraînements en clubs, et que des présidents de certains de ces
clubs ont menacé de foutre une pagaille d’enfer s’ils ne pouvaient pas disposer
à leur guise des joueurs qu’ils ont payés à prix d’or. Ce qui m’amène à parler
de ce marché des achats, ventes et transferts de footballeurs. Il y en a un pour
lequel j’apprends que les supporters vont devoir mettre la main à la poche,
parce que ce «Pelé ignoré » aurait exigé près de 1 milliard 500 millions à la
signature. Avec de telles exigences, les spectateurs que nous sommes sont en
droit d’imposer que l’équipe nationale soit directement qualifiée en demi-finale
du Mondial. Eh oui ! Si des inconnus dont on dit qu’ils savent un peu taper dans
la balle et qu’ils ne ratent que trois passes sur les six qu’ils font durant un
match arrivent à se faire payer près de deux milliards, et s’il existe des
présidents de clubs qui réussissent à réunir de telles sommes, c’est que notre
place est dans le carré magique allemand. Hélas, nous ne sommes pas en
Allemagne. Nous ne serons pas avant longtemps en phase finale d’un mondial, à
voir les conflits nés en plein mois de juillet à propos de dates de reprise du
championnat, de stages de l’EN et d’élection d’un président de ligue aussitôt
décriée. Alors, puisque nous ne sommes décidément pas capables de produire ce
qu’est censé produire le football, un peu de rêve accroché à un drapeau vert et
blanc frappé d’un croissant et d’une étoile rouges, laissons nos enfants aller
prendre leur pied dans d’autres contrées où un cousin à eux, flanqué d’un nom
bien de chez nous, les fait rêver. Quant à nous qui n’avons que la passe en
triangle Assad, Belloumi Madjer en mémoire, fumons du thé et restons éveillés,
notre cauchemar continue.
H. L.
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