|
«Selon le dernier rapport d’Amnesty International, les
Algériens pratiquent encore la torture.»
Materazzi confirme !
Il est du droit de quiconque d’adhérer totalement au projet de réforme de
l’actuelle Constitution. Il ne manquerait plus que l’on interdise à ceux qui le
souhaitent ardemment de dire tout le bien qu’ils pensent d’un texte, quel qu’il
soit ! Nous sommes en démocratie, balbutiante certes, mais en démocratie quand
même ! De quel droit diantre nous arrogerions-nous le pouvoir d’empêcher les
adeptes du changement de la Constitution de s’exprimer tout haut, de chanter les
louanges de la future Constitution, même s’ils n’en connaissent pas le contenu ?
Laissons les gens parler, faire usage de leur bouche et de leur langue comme bon
leur semble. Nous avons trop souffert d’avoir été privés de parole pour l’ôter à
notre tour aujourd’hui. Cependant (eh oui, fallait s’y attendre, il y a toujours
un cependant après un tel préambule dégoulinant de guimauve) je trouve
surprenant que les plus chauds, les plus ardents, les plus zélés, les plus
assidus, les plus enragés, les plus enflammés, les plus empressés, les plus
passionnés, les plus valeureux, les plus accros, les plus acharnés, les plus
teigneux, les plus motivés, les plus fervents, les plus coriaces et les plus
violents défenseurs de la nouvelle Constitution soient les membres de deux
institutions comme l’APN et le Sénat. C’est un comble ! Voilà un futur texte
dont on dit de manière de plus en plus recoupée qu’il va restreindre le champ
des libertés, de l’alternance, de l’expression populaire et dont on dit surtout
qu’il va exagérer à l’infini les pouvoirs présidentiels, et ne voilà-t-il pas
qu’il est défendu bec et ongles par ceux-là mêmes qui sont censés symboliser
l’alternance, l’équilibre des pouvoirs et le contrôle populaire ? Pour illustrer
ce paradoxe, utilisons cette image : c’est comme si, à l’aube, dans une caserne,
face à un peloton d’exécution, des condamnés se mettaient soudain à applaudir
chaleureusement ceux qui les mettent en joue et s’apprêtent à les fusiller. Car,
c’est de cela qu’il s’agit, et nous allons le vérifier très bientôt. La future
Constitution, sauf résistances exceptionnelles, sauf rebondissement de dernière
minute, servira aussi à liquider des espaces comme l’Assemblée nationale et le
Sénat. Remarquez, lorsqu’on voit le zèle que ces deux instances mettent à aduler
celui qui va les guillotiner, à baiser la main qui va les décapiter, on se
demande s’il ne faut pas tout simplement laisser faire l’exécution. Tout en
fumant du thé et en restant éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|