Mercredi 12 Juillet 2006
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Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Selon le dernier rapport d’Amnesty International, les
Algériens pratiquent encore la torture.»

Materazzi confirme !

Il est du droit de quiconque d’adhérer totalement au projet de réforme de l’actuelle Constitution. Il ne manquerait plus que l’on interdise à ceux qui le souhaitent ardemment de dire tout le bien qu’ils pensent d’un texte, quel qu’il soit ! Nous sommes en démocratie, balbutiante certes, mais en démocratie quand même ! De quel droit diantre nous arrogerions-nous le pouvoir d’empêcher les adeptes du changement de la Constitution de s’exprimer tout haut, de chanter les louanges de la future Constitution, même s’ils n’en connaissent pas le contenu ? Laissons les gens parler, faire usage de leur bouche et de leur langue comme bon leur semble. Nous avons trop souffert d’avoir été privés de parole pour l’ôter à notre tour aujourd’hui. Cependant (eh oui, fallait s’y attendre, il y a toujours un cependant après un tel préambule dégoulinant de guimauve) je trouve surprenant que les plus chauds, les plus ardents, les plus zélés, les plus assidus, les plus enragés, les plus enflammés, les plus empressés, les plus passionnés, les plus valeureux, les plus accros, les plus acharnés, les plus teigneux, les plus motivés, les plus fervents, les plus coriaces et les plus violents défenseurs de la nouvelle Constitution soient les membres de deux institutions comme l’APN et le Sénat. C’est un comble ! Voilà un futur texte dont on dit de manière de plus en plus recoupée qu’il va restreindre le champ des libertés, de l’alternance, de l’expression populaire et dont on dit surtout qu’il va exagérer à l’infini les pouvoirs présidentiels, et ne voilà-t-il pas qu’il est défendu bec et ongles par ceux-là mêmes qui sont censés symboliser l’alternance, l’équilibre des pouvoirs et le contrôle populaire ? Pour illustrer ce paradoxe, utilisons cette image : c’est comme si, à l’aube, dans une caserne, face à un peloton d’exécution, des condamnés se mettaient soudain à applaudir chaleureusement ceux qui les mettent en joue et s’apprêtent à les fusiller. Car, c’est de cela qu’il s’agit, et nous allons le vérifier très bientôt. La future Constitution, sauf résistances exceptionnelles, sauf rebondissement de dernière minute, servira aussi à liquider des espaces comme l’Assemblée nationale et le Sénat. Remarquez, lorsqu’on voit le zèle que ces deux instances mettent à aduler celui qui va les guillotiner, à baiser la main qui va les décapiter, on se demande s’il ne faut pas tout simplement laisser faire l’exécution. Tout en fumant du thé et en restant éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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