Régions Centre : BOUMERDES
Les villageois d’Afir-Azzazna en quête d'écoute


Les citoyens adhérents à l’association du village d’Afir- Azzazna, distant de 7 km du chef-lieu de commune de Timezrit (w. de Boumerdès), nous ont remis la copie d’une énième réclamation concernant les difficultés que subit la population du village et les hameaux qui l’entourent.
Cette liste de problèmes a été remise aux autorités concernées (APW, wilaya), à l’exception de la daïra des Issers. “Le chef de daïra a refusé de nous recevoir”, précise M. Ghiar, président de cette association. Parmi les préoccupations essentielles que les adhérents à cette organisation citent, notamment l’état des routes. “La réfection du CW107 avait été entamée puis, sans raison, abandonnée. 2,5 km de cette route sont toujours impraticables.” De même qu’ils réitèrent leur demande relative à l’aménagement des pistes vers quatre autres villages Aït-Ighil, Aït- Bellil, Aït-Mansourth et Ikichen. L’état des routes cause d’énormes difficultés aux lycéens qui rejoignent la ville des Issers, aux collégiens et surtout aux élèves du primaire qui, en période hivernal, parcourent environ 8 kilomètres à pied, la commune étant située sur une hauteur et manquant de transport. A ce calvaire quotidien, s’ajoute l’absence de chauffage dans les classes. Nos visiteurs insistent par ailleurs sur l’absence d’enseignants de tamazight. Cette course au quotidien n’épargne même pas le malade qui doit se déplacer pour des soins. “Il est incompréhensible sinon inadmissible que la salle des soins du village soit fermée depuis 1993”, écrivent-ils. Les défectuosités du réseau d’alimentation en énergie électrique, l’absence de l’éclairage public et l’insuffisance des aides à la construction rurale pour cette localité pauvre font partie de la liste des doléances présentée aux autorités qui veulent bien écouter leurs administrés. Une zone montagneuse où la seule activité économique est l’agriculture semi-aride et subsidiaire qui ne procure que très peu d’emploi, “le chômage touche 80% de la population”, affirme nos visiteurs. Vraisemblablement, les statistiques des citoyens en la matière sont plus proches du réel, donc plus convaincantes que celles des institutions officielles qui visent uniquement à voiler une réalité bien amère. Au chômage et à la précarité s’ajoute l’absence d’infrastructures socioculturelles (stade, maison de jeunes ou centre culturel). Ce qui n’est pas sans inquiéter au plus haut point les membres de cette association. “L’oisiveté est le seuil d’entrée vers le domaine de la consommation de la drogue, de l’alcool et par conséquent de la délinquance”. Pour preuve de leur marginalisation, les associés de ADLES avancent en autre un fait lié à l’histoire du pays : “Notre commune compte plus de 200 chouhada de la Révolution de 1954, malheureusement aucune stèle ne le rappelle.” Ce n’est pas faute d’avoir essayé de frapper à toutes les portes depuis des années, dans l’espoir de trouver une oreille attentive à leurs difficultés, mais force est de constater que les appels sont restés à ce jour sans écho. Pour rappel, les villageois d’Afir-Azzazna ont fortement participé à l’action pacifique organisée en 2001 et qui s’était traduite par la fermeture du siège de l’APC pendant plus d’une semaine. Devant ce qui avait été considéré comme du mépris, Timezrit avait par la suite mobilisé tout ce qui pouvait être mobilisé pour observer un sit-in devant le siège de la wilaya. Suite à quoi le wali de Boumerdès s’était déplacé quelques jours après pour discuter durant une journée avec les représentants de la population. Des décisions en liaison avec le quotidien des citoyens de cette commune avaient été prises. Régulièrement, des missives sont envoyées aux responsables pour leur rappeler les engagements pris et des actions de rue étaient même organisées et ce, particulièrement par les transporteurs de voyageurs de la commune qui souffrent de l’état de la route (Issers/Timezrit). Vraisemblablement, ni les villageois d’Afir- Azzazna ni la population de Timezrit ne sont dans le registre des inquiétudes des autorités administratives. Trouveront-ils une oreille attentive cette fois ?
Abachi L.

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