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«Ça y est ! Les Arabes sont tombés d’accord sur la date de leur
sommet extraordinaire consacré au Liban. Il aura lieu à la mi-
août.»
De quelle année ?
Je ne voudrais pas qu’il y ait méprise sur le propos. Je suis très fier des
prouesses des chercheurs et scientifiques algériens qui ont abouti au lancement
du satellite d’observation ALSAT I. Le fait que des nanas et des mecs bien de
chez moi aient réussi ce truc-là me fait bomber le torse. Sans retenue, ou
presque. Le «presque», je vous l’explique tout de suite : je n’arrive pas à
comprendre que dans un pays où, justement, nous arrivons à catapulter dans le
ciel des satellites "made in Algeria", on en soit encore, au bout de quinze
jours, à nous demander comment sortir un assassin d’une grotte où il s’est
réfugié. YA BOURAB ! C’est devenu le feuilleton de cet été. Au bureau, dans les
cafés, sur les bancs publics et dans les plages, on ne parle plus que de cela :
«Où en est l’affaire de l’assassin de Taourirt Bouar ?» Les faits : il y a plus
de dix jours, un homme a découpé en morceaux son père à la tronçonneuse, puis,
son horrible forfait accompli, le parricide a trouvé refuge dans une grotte
connue des villageois sous le nom de «Azrou n’Berkis». L’homme y est caché. De
temps en temps, il apparaît dans l’ouverture, à l’air libre. Il communique avec
les habitants, reçoit quelques vivres et de l’eau. Des éléments de la Protection
civile ont bien tenté à deux reprises de le récupérer, mais n’étant pas dotés de
moyens adéquats, ils ont dû renoncer. C’est du moins la version qui nous
parvient de cet «incroyable mais vrai» fait divers. Vous comprendrez alors
aisément mon allusion à ALSAT1. Comment peut-on expliquer que toute une dawla
n’arrive pas à aller cueillir un homme qui a assassiné son père et qui n’est
même pas en cavale, puisque l’on sait exactement où le parricide se terre. Nous
avons réussi à déloger des commandos du FIDA réfugiés dans un appartement
mitoyen à d’autres appartements occupés par des citoyens sans faire de victimes
innocentes et là, dans une grotte où il n’y a qu’un gus à choper, nous calons
lamentablement ? Nous avons réussi à extirper morts ou vifs des tangos de
grottes à Jijel, et là, d’une malheureuse grotte où ne se cache qu’un malheureux
bougre non armé, et non pas toute une escouade terroriste armée et ayant
plastiqué les abords de leur cache, nous regardons les bras ballants ? C’est
tellement gros, c’est tellement invraisemblable, que j’en fume du thé et je
reste éveillé à ce mauvais feuilleton de l’été, le cauchemar continue.
H. L.
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