Mardi 25 Juillet 2006
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A VOS BIDONS, A VOS PINCEAUX !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Demain, ne ratez pas le grand concours de l’été organisé
par Le Soir d’Algérie. 1er prix : un voyage tous frais payés au
Liban. Lot de consolation, deux semaines en...

…Irak.

Aïe ! Aïe ! Aïe ! Mais qu’est-ce que vient de déclencher comme mécanique infernale le ministre de l’Intérieur ? En poussant un mémorable coup de gueule devant le wali d’Alger et les cadres de la capitale, les accusant de n’avoir pas donné à la première ville du pays le visage qui doit être le sien, Zerhouni ne vient-il pas de réveiller involontairement les vieux démons ? Je le crains ! Je les connais nos zélés patrons de l’administration locale. Dès qu’on leur sonne les cloches sur l’état de vétusté, de saleté et de décrépitude de leurs villes et circonscriptions, ils dégainent tous ou presque de la même manière. Celle devenue légendaire du bidon de peinture et du pinceau. J’ai bien peur qu’après le coup de semonce et les menaces lancées par Zerhouni, nous ne revoyions très vite resurgir les escouades de badigeonneurs. Ces commandos habillés de bleus de travail et munis de bidons de laque de vingt kilos, de longs bâtons équipés au bout de rouleaux à bande large et qui étaient lâchés, généralement de nuit, sur des quartiers entiers avec pour mission de leur faire changer de gré ou de force de couleur avant le lever du soleil. J’appréhende également le moment où des «experts» ordonneront aux mêmes escouades de badigeonneurs de tracer, dans l’urgence, des bandes rouges, blanches et vertes censées nous faire mieux circuler sur le réseau autoroutier de la capitale. Préparez-vous aussi, en ouvrant vos persiennes, à tomber nez à nez avec des peintres en bâtiment juchés en équilibre instable sur vos façades d’immeubles qu’ils «ravaleront» comme seuls eux savent le faire. C'est-à-dire en mettant plus de ciment et de peinture par terre que sur les murs censés êtres ravalés. Attendez-vous également à voir des ouvriers s’affairer à enlever des revêtements de vos trottoirs qui ne demandaient rien et à les remplacer par des neufs censés faire plus beau, plus chic et plus conforme au standing de la capitale. Assurément, le ministre de l’Intérieur n’a pas dû mesurer la portée immense de son coup de gueule. Il vient d’ouvrir la boîte de Pandore. Dans la mythologie algérienne, comme chacun sait, cette boîte a la forme d’un bidon de peinture. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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