Actualités : MDS /IL Y A UNE ANNEE, DISPARAISSAIT EL HACHEMI CHERIF
Un idéaliste jusqu’au bout


Vivre dans un pays démocrate, exprimer son point de vue en toute liberté sans que cela soit un sacrifice, dire ce que l’on pense de l’autre et accepter la critique, vivre dans une Algérie digne. Digne avec ses hommes politiques, ses gouvernants, son peuple, sa justice et sa culture. Telle était l’Algérie de rêve de Da El Hachemi.
C’était plus qu’un rêve, un idéal. Oui, un idéal pour lequel se sont voués beaucoup d’hommes de cette Algérie profonde. Un rêve qui a donné naissance au long combat démocratique depuis l’indépendance. Un rêve que le combattant, syndicaliste, républicain et démocrate El Hachemi Chérif a mené sans relâche et sans désespoir, sans pour autant y arriver. Si la mort n’avait pas croisé son chemin, il y a une année (le 2 août 2005 précisément), à l’âge de 66 ans, il aurait marqué encore l’histoire par ses actions engagées pour l’édification d’un Etat de droit. Il aurait dit aujourd’hui non à la guerre déclarée par l’Etat hébreu contre le peuple libanais. Il aurait dit non à l’impunité dont jouissent les terroristes, suite à la promulgation d’une loi sans foi. Il se serait insurgé également contre toutes les formes d’injustice qui touchent à la dignité et à l’intégrité de l’Algérien dans son pays. Mais l’histoire retiendra l’engagement de cet homme et son dévouement pour sa patrie. Figure emblématique de la classe politique nationale, El Hachemi Chérif, secrétaire général du Mouvement démocratique et social (MDS), un parti qu’il a créé en 1999, a, de tout son vécu, servi les causes justes du monde qui l’entourait. Fervent militant des droits de l’homme, Da El Hachemi a tracé son parcours syndicaliste puis politique en s’appuyant sur les luttes internationales pour la justice sociale et la démocratie. Deux idéaux pour lesquels il a sacrifié toute son existence, dès la minute où il a rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), qu’il a quittée dès l’indépendance avec un grade d’officier, refusant même les privilèges de moudjahid, qui pour lui ne doivent pas mesurer le prix de la liberté qui lui est sacré. Homme de principes, aux convictions socialistes, El Hachemi Chérif participe à la création en 1966, avec un groupe d’amis, du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS). Celui- ci s’est assigné l’objectif de défendre, au prix de la vie, la couche ouvrière. Un engagement qui a mené le parti à travailler dans la clandestinité, mais d’un autre côté à gagner la confiance des couches démunies de la société, pour lesquelles El Hachemi Chérif s’est toujours constitué comme porte-parole. Il était humble, juste et tolérant, sauf avec la mouvance islamique qui est montée en Algérie dès la fin des années 80. Menacé de mort à plusieurs reprises, le patron du MDS n’a jamais baissé le ton pour s’attaquer aux islamistes et dénoncer la barbarie dont ils ont usé pour massacrer, torturer et menacer les Algériens. Il a crié contre le mutisme de l’Etat et la défaillance de la classe politique face au terrorisme intégriste. Une défaillance avérée, puisque après sa disparition, l’opposition politique s’est éteinte dans les esprits des Algériens. Le MDS organise jeudi un hommage à l’homme politique, à l’infatigable syndicaliste et au défenseur des droits de l’homme.
Rosa Mansouri



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