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«Solidarité avec le Liban. Ould Abbès leur envoie 2 bus.»
Yaâtik essaha, Si Djamel !
Ça ne s’invente pas ! On aurait voulu l’inventer que ça n’aurait pas
eu le même effet désopilant. J’ai sous les yeux un appel de la
Confédération internationale des syndicats arabes adressé à ses syndicats
membres, dont l’algérienne, l’UGTA. Et dans cet appel, il est demandé à
tous les syndicalistes du monde arabe d’observer… 5 minutes de silence en
signe de solidarité avec le Liban. Ne vous frottez pas les yeux. Ne vous pincez
pas le bras. Ne demandez pas à votre voisin de bus, de taxi ou de table de
café de vous relire ce premier paragraphe. Vous avez bien lu : pour dénoncer
les crimes israéliens, l’extermination dont est victime en ce moment le
peuple libanais, la Shoah perpétrée par Tel-Aviv, les dirigeants syndicaux
arabes appellent leurs troupes à observer cinq bonnes grosses et longues
minutes de silence. Les Arabes appellent les Arabes à se taire là où il faut
au contraire qu’ils gueulent. Ça m’en coupe le sifflet ! J’en reste sans
voix ! La langue et les bras m’en tombent ! Y a des pluies de bombes qui
pleuvent sur des villes et villages arabes. Y a une ville martyre du nom de Cana
d’où nous parviennent des images de barbarie au moins aussi sauvages que
celles découvertes par les soldats russes, américains et britanniques lorsqu’ils
franchirent les seuils de Dachau, Auschwitz ou Birkenau à la fin de la Seconde
Guerre mondiale, et que nous demandent de faire nos chers patrons syndicalistes
arabes ? Ils nous disent de nous taire. Ils nous conseillent de nous la fermer
cinq interminables minutes, demain mercredi, à dix heures, sur nos lieux de
travail. Mais bon Dieu, il n’en est pas question ! Ni cinq minutes, ni cinq
secondes ! Demain mercredi, à 10 heures tapantes, et que mes consœurs et confrères
de la Maison de la presse m’excusent par avance pour les désagréments
sonores que cela pourrait engendrer, je pousserai un cri d’enfer, une
gueulante à m’en faire péter la glotte. Ahhhhhhhhhhhhhh ! Ensuite, ensuite
seulement, je fumerai du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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