Mardi 01 Août 2006
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SOUSSEM !


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Solidarité avec le Liban. Ould Abbès leur envoie 2 bus.»

Yaâtik essaha, Si Djamel !

Ça ne s’invente pas ! On aurait voulu l’inventer que ça n’aurait pas eu le même effet désopilant. J’ai sous les yeux un appel de la Confédération internationale des syndicats arabes adressé à ses syndicats membres, dont l’algérienne, l’UGTA. Et dans cet appel, il est demandé à tous les syndicalistes du monde arabe d’observer… 5 minutes de silence en signe de solidarité avec le Liban. Ne vous frottez pas les yeux. Ne vous pincez pas le bras. Ne demandez pas à votre voisin de bus, de taxi ou de table de café de vous relire ce premier paragraphe. Vous avez bien lu : pour dénoncer les crimes israéliens, l’extermination dont est victime en ce moment le peuple libanais, la Shoah perpétrée par Tel-Aviv, les dirigeants syndicaux arabes appellent leurs troupes à observer cinq bonnes grosses et longues minutes de silence. Les Arabes appellent les Arabes à se taire là où il faut au contraire qu’ils gueulent. Ça m’en coupe le sifflet ! J’en reste sans voix ! La langue et les bras m’en tombent ! Y a des pluies de bombes qui pleuvent sur des villes et villages arabes. Y a une ville martyre du nom de Cana d’où nous parviennent des images de barbarie au moins aussi sauvages que celles découvertes par les soldats russes, américains et britanniques lorsqu’ils franchirent les seuils de Dachau, Auschwitz ou Birkenau à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et que nous demandent de faire nos chers patrons syndicalistes arabes ? Ils nous disent de nous taire. Ils nous conseillent de nous la fermer cinq interminables minutes, demain mercredi, à dix heures, sur nos lieux de travail. Mais bon Dieu, il n’en est pas question ! Ni cinq minutes, ni cinq secondes ! Demain mercredi, à 10 heures tapantes, et que mes consœurs et confrères de la Maison de la presse m’excusent par avance pour les désagréments sonores que cela pourrait engendrer, je pousserai un cri d’enfer, une gueulante à m’en faire péter la glotte. Ahhhhhhhhhhhhhh ! Ensuite, ensuite seulement, je fumerai du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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