Des rochers dénudés émergent au milieu des forêts, serpentés par des routes escarpées, étroites, sinueuses, poussiéreuses en été, qui enveloppent une multitude de villages éparpillés çà et là accrochés au flanc de la montagne. Parmi ces villages Zoubga qui comme beaucoup d’autres, semble plonger dans l’oubli. Il est situé à 7 km du pic du Djurdjura, dit Azrou n’T’hour, un lieu qui renvoie à une espèce de ouali charriant avec lui toutes une légende. Chaque année, au début de l’automne, les villageois de Zoubga, Aït- Atsou et Aït-Abdellah, trois villages “dépositaires des lieux”, organisent une zerda à tour de rôle. Tout visiteur de passage est frappé par l’hospitalité de ses habitants, mais ce qui séduit le plus, c’est l’organisation qui caractérise cette communauté. “Il a quelque chose de particulier, une attirance qui vous pousse à vouloir revenir que ne je saurais définir...”, nous confie un visiteur de passage. Zoubga, dont la population est estimée à 3 000 habitants, est rattaché administrativement à la commune d’Illiten,daïra d’Iferhounen, distante de 8 km. Sa situation géographique fait à ce que son relief est marqué par des zones rocheuses et une terre rouge difficile à travailler. L’arboriculture et l’oléiculture représentent la base de ce qu’on peut considérer comme agriculture vivrière, auxquelles il faut ajouter l’élevage ovin, bovin et caprin. Les métiers artisanaux tels que la tapisserie (tapis, burnous...) réservés exclusivement aux femmes et le travail (sculpture) du bois constituent une occupation et une source de revenus des villageois. Zoubga était jadis le village mère de cette art traditionnel qui consistait à fabriquer ce dont les ménages avaient besoin tels que les plats en bois, les assiettes, etc. Un art qui s’est répandu au fil des ans dans toute la région jusqu’à Sétif. L’absence de toute activité génératrice a poussé beaucoup d’enfants de Zoubga à aller chercher du travail ailleurs. Selon le comité du village, il n’y a pas trop de chômeurs puisque le travail aux champs (fauchage de l’herbe, cueillette des olives...) occupe beaucoup de personnes. Si le comité de village n’avait pas pris conscience que pour le bien-être des villageois il faut se prendre en charge, le village serait aujourd’hui dans un état de désolation extrême. Les villageois semblent vivre en marge du cadre administratif communal. Après la dissolution de l’ancien comité de village qui emportera avec lui les anciennes pratiques, les jeunes constituant la nouvelle équipe se sont assignés comme principal objectif, une réelle prise en charge des problèmes des villageois. Tout d’abord les différentes artères du village ont été empierrées, avant de procéder à son approvisionnement en eau à partir de la source d’Arzou n’Thou située à 7 km. La solidarité entre les habitants se renforce encore davantage durant l’Aïd, lorsqu’on procède à Timechret au sacrifice des bœufs et la distribution équitable de la viande. Chaque foyer participe, les familles nécessiteuses sont épargnées. Le villages dispose d’une bibliothèque, d’une école de couture pour les jeunes filles, d’une salle d’études, d’une salle de soins, d’une salle des fêtes et des cours d’alphabétisation sont assurés par des universitaires et des enseignants du village. La caisse du village est alimentée par les cotisations et des dons à chaque fois que le besoin se fait sentir. Le problème le plus durement ressenti, peut-être, est l’absence de moyens de transport, les scolarisés sont obligés de faire quotidiennement 8 km à pied. Rezika Mokrani
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