Jeudi 17 Août 2006
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Actualités : UNIVERSITE
Revoilà le spectre de la grève


A moins de vingt jours de la rentrée universitaire 2006/2007, prévue pour le 3 septembre prochain en raison du débrayage mené par les enseignants du supérieur, lors de la saison précédente, le spectre de la grève plane sur l’université.
Réuni en conférence nationale les 14 et 15 août derniers, le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) avertit sur une rentrée universitaire qui pourrait être très agitée et perturbée si la tutelle ne se dépêche pas à prendre les mesures nécessaires pour répondre concrètement aux revendications exprimées par les 19 établissements en grève. Clairement, le mouvement de grève, bloqué par la période des vacances, ne s’est pas estompé, selon le communiqué du Cnes, mais promet de mobiliser davantage les enseignants pour la prochaine saison. Insatisfait de la démarche entreprise par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), pour le règlement du conflit avec les enseignants en grève, le Cnes maintient également sa position de lutte jusqu’à la satisfaction de l’ensemble de ses revendications. Les dernières augmentations de salaire annoncées en grande pompe par la tutelle en juin, et qui ont été, effectivement, appliquées, «sont insignifiantes », selon le Cnes. Tandis que l’augmentation spécifique promise pour juillet n’est toujours pas versée aux intéressés. Par ailleurs, les enseignants considèrent que le décret sur les logements «est entouré d’ambiguïtés». Entraînés depuis des années dans un langage de sourds de la part de la tutelle, les enseignants refusent désormais de faire les frais de la mauvaise gestion du secteur de l’enseignement supérieur. Ils sont déterminés à faire valoir leurs droits, malgré les pressions exercées sur les représentants syndicalistes. «Plus que jamais, nous sommes déterminés à faire aboutir nos revendications et exprimons en même temps notre disponibilité à l’ouverture de véritables négociations entre le MESRS et nos représentants», lit-on dans le communiqué sanctionnant la conférence nationale. Insistant sur la gestion de l’université, le Cnes fait part du refus de la tutelle à donner une suite positive à toutes les propositions des enseignants dans le contexte de la réforme universitaire. «Dans la pratique, la gestion de l’université est plus que jamais caractérisée par l’autoritarisme administratif et la coercition », indique le communiqué. Cette même logique a conduit «au relèvement de cinq chefs d’établissement de leur poste, dans le contexte de la grève». Du côté des enseignants, ceux de l’intérieur du pays sont les plus visés par les sanctions administratives, les privant, notamment, de bourses d’études, de stages, outre les retards dans le paiement des salaires. Une situation de marasme qui légitime le combat des enseignants qui rappellent à la tutelle le danger qui guette la prochaine rentrée universitaire. Une rentrée des plus difficiles vu l’invalidation de la précédente saison et du blocage des examens dans plusieurs universités. En termes de statistiques, 240 000 étudiants s’apprêtent en septembre à passer leurs examens et 220 000 nouveaux bacheliers attendent leurs places pédagogiques. En somme une belle pagaille. La prochaine rencontre du Cnes est programmée pour les 28 et 29 août prochains, pour structurer et organiser ses actions. D’ici là, la tutelle pourrait également afficher sa disponibilité à négocier… mais concrètement ! Rosa Mansouri

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