Attraction annuelle de l’été qui draine chaque année, et pendant trois week-ends, à partir de la deuxième semaine du mois d’août des milliers de pèlerins en prise à une exaltation fantasque, venant des quatre coins de la région et même du pays pour accomplir le rite Asensi sur le pic d’Azro N’thor qui domine à 1 880 m d’altitude les régions d’Illilten et Aïn El Hammam. L’événement ne déroge pas à la règle cette année. Vendredi c’était, en effet, au tour du village Aït-Atella, avant Zoubga et Aït-Atsou la semaine prochaine, d’organiser la fête qui a permis à plusieurs centaines de pèlerins d’accomplir le rite “typiquement kabyle” sur le pic d’Azro N’thor dont la légende transmise de génération en génération transcende le temps et les hommes, un rite dont l’origine exacte échappe même aux organisateurs dont on a sollicité l’éclairage. Dès le matin et jusque tard dans l’après-midi, d’interminables processions d’hommes, de femmes et d’enfants escaladent le pic dans un défilé riche en couleurs pour un recueillement sur les lieux. Siège de plusieurs croyances, comme ce vœu qui aurait permis à un émigré parti depuis dix ans en Angleterre de revenir parmi les siens dans la semaine qui a suivi l’invocation des saints, ou encore cette couscoussière qui a dévalé la pente raide sur plusieurs centaines de mètres sans se briser ni perdre son contenu, qui ravivent le symbolique passé mystique de la région. Une pratique et un rite qui ont suscité, il y a quelques années à peine, la curiosité des médias étrangers comme Arte et une chaîne de télévision japonaise. Les villageois innovent chaque année pour rendre le séjour des pèlerins moins éreintant. A commencer par le transport et la restauration de tous les visiteurs dans des conditions optimales d’hygiène et de sécurité, les repas étant préparés sur site la veille. Cette année, des bus loués à des prix symboliques ont été mis à la disposition des citoyens. Les trois villages, issus assure-t-on, de familles agnatiques, qui fêtent en aparté l’événement et selon leurs convenances, s’organisent en commun pour des travaux collectifs sur le site comme ce forum réalisé au pied d’un cèdre centenaire où les pèlerins déposent leurs offrandes. Pour s’abriter du soleil qui darde, les familles dont beaucoup d’émigrés ont érigé d’innombrables tentes de fortune sous les arbres alors que toute une insolite activité commerciale, allant de la vente d’objets artisanaux aux fruits et légumes en passant par les glaces et les sucreries sous les détonnant bruit de groupes électrogènes, est pratiquée sur ces hauteurs qui dominent la vallée de la Soummam et une grande partie de la Haute-Kabylie, brisant la féerie des lieux qu’on rejoint après avoir emprunté une longue et poussiéreuse piste que les autorités devraient songer à bitumer considérant l’importance de cet événement annuel. S. Hammoum
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