Actualités : SITUATION POLITIQUE
Les critiques de Hamrouche


En participant hier à l’université d’été de l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA), qui se déroule actuellement à Boumerdès, Mouloud Hamrouche s’est montré plus critique que jamais. Sur la situation actuelle de l’université algérienne — thème principal de sa communication — mais aussi sur le système politique en crise depuis une quinzaine d’années.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - «Nous sommes à l’intérieur de la crise et toutes les solutions qui ont été apportées n’ont fait qu’aggraver cette crise. C’est l’impasse et toutes les solutions restent à l’intérieur de cette impasse (…) Durant 15 ans, on a essayé de briser le cercle de la crise de l’extérieur sans succès. Il faut aujourd’hui briser ce cercle de l’intérieur.». Mouloud Hamrouche livrait hier ce constat à un groupe de journalistes présents à l’occasion de l’université d’été de l’UNEA, organisation estudiantine proche du FLN. Selon lui, la charte de la réconciliation nationale et le projet de révision constitutionnel sont les exemples types de solutions «aggravantes». Sauf que pour l’heure, l’ex-chef du gouvernement n’a aucune solution à proposer pour sortir de cette impasse. «Actuellement, nous n’en sommes pas au stade des propositions. Lorsque le pays sera prêt, il y aura plusieurs alternatives (…) à ce moment-là, beaucoup de volontés s’exprimeront pour apporter leur contribution», précise-t-il. Sur le plan de la pratique politique, la situation est des plus alarmantes. «Il est facile de porter des jugements sur les partis politiques. Il y a certes les faiblesses liées à l’incapacité des hommes mais il y a surtout ce système qui interdit la pratique politique et transforme les hommes en antipolitiques et en apolitiques. Ce système broie les initiatives et les bonnes intentions. Le champ politique est fermé. Il n’y a plus de partis politiques mais des relais», indique Hamrouche. Interrogé sur la situation qui prévaut au FLN et sur l’existence d’un courant «hamrouchien » au sein de cette formation, l’ex-chef du gouvernement s’est refusé à répondre. «Je me refuse à parler d’un parti en particulier», s’est-il contenté de dire. Il commentera par ailleurs la parution, dans la dernière édition du Journal officiel, des déclarations de patrimoine de Ahmed Ouyahia et de El Hachemi Djiar. «Je vais faire deux commentaires sur cette question. Le premier est que ces deux personnes n’ont fait que respecter la loi. Ensuite, ce geste n’a aucune portée politique puisque l’opinion publique ne croit pas en ces déclarations de patrimoine. Car, en l’absence d’une administration fiscale efficace, le contenu de ces déclarations n’est pas vérifiable». Le secteur économique souffre lui aussi du manque de volonté politique. Il citera en exemple le cas de la privatisation des entreprises publiques. «La privatisation est une affaire sérieuse mais les mesures prises n’ont pas été étudiées et les politiques refusent aujourd’hui encore d’assumer leurs responsabilités.» En fait, c’est toute la problématique de la compétence de l’élément humain que Mouloud Hamrouche a abordée durant la matinée d’hier devant les participants de l’université d’été de l’UNEA. En présentant une communication sur le «rôle de l’université dans la construction de la société», il a, une fois de plus, dressé un tableau des plus noirs. «Lors de mon passage à la tête de l’exécutif, nous avions tenté de réformer l’université. Nous voulions un système universitaire totalement indépendant des cercles politiques, débarrassé de la tutelle d’un ministère et de l’administration. Mais voilà, l’université est aujourd’hui paralysée par la peur, une peur qui interdit tout débat contradictoire. » T. H.

RECENTS AMENDEMENTS DE LA LOI SUR LES HYDROCARBURES
«Ils ont réduit la transparence»
Mouloud Hamrouche s’est dit satisfait de la nouvelle loi sur les hydrocarbures car certaines dispositions devaient assurer «plus de transparence». Mais selon lui, la récente modification de ce texte de première importance a eu l’effet inverse. «Les amendements introduits n’ont pas traité les aspects négatifs de cette loi, notamment ceux liés à la propriété des champs pétroliers. Au contraire, ces modifications ont fait que la gestion des hydrocarbures est moins transparente». T. H.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/08/17/article.php?sid=42084&cid=2