Lundi 28 Août 2006
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Actualités : MAQUIS TERRORISTE EN KABYLIE
L’armée prépare le coup de grâce


«Se rendre à Drâa-El- Mizan ? Ce n’est pas du tout évident. On vous dépose à mi-chemin, aux environs d’Aït-Yahia- Moussa, et puis pour le reste, essayez de faire un détour un peu plus à l’est par Boghni».
C’est la répartie la plus usitée depuis quelques jours lorsque vous décidez de recourir aux services d’un chauffeur de taxi à partir de Drâa-Ben-Khedda pour rejoindre cette autre importante ville de la wilaya de Tizi-Ouzou qu’est Drâa-El-Mizan, où l’armée, depuis une semaine maintenant, s’est installée pour une de ses opérations antiterroristes les plus imposantes depuis quelques années. Une région qui, faudrait- il le rappeler, a particulièrement souffert des exactions du GIA puis de son successeur en Kabylie, le GSPC, comme dans d’autres régions du pays, depuis sa création en 1998. Ici, plus qu’ailleurs en Kabylie, on ne mesure plus le temps depuis que l’on s’est mis à implorer qu’on en finisse avec ces groupes qui ont endeuillé tant de familles dans des hameaux, des villages et des lieudits de ce sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, de nouveau sous les feux de l’actualité. Chez plus d’un, ils ont la peau dure, certains réflexes, comme la peur de livrer le fond de sa pensée, hérités des années où les hordes des groupes terroristes créés par Hassan Hattab faisaient régner la terreur. Ils voudraient que ça se termine, mais la peur les étrangle tellement qu’ils n’osent pas le dire ouvertement de peur d’être tombés sur le mauvais interlocuteur. L’opération en cours dans les environs de la voisine Drâa-El-Mizan, ils n’en savent pas grand-chose si l’on excepte les rares fois où leur sont parvenus les échos de ce qui s’apparentait à des bombardements. Si là, les indices faisant état du déroulement d’une grande opération militaire sont minimes, en revanche, aux environs immédiats de Drâa-El- Mizan, peu après Aïn- Zaoui, l’atmosphère y est autre. Ici, selon un badaud, les terroristes du GSPC même s’ils se sont fait plus rares depuis près d’une année, certains affirment les avoir de temps à autre aperçus emprunter les sentiers battus prenant la direction du théâtre des opérations où sont cantonnées les troupes de l’ANP depuis une semaine. Les militaires qui, selon des sources locales, ont utilisé, entre vendredi et samedi, moins souvent leurs armes à feu et l’artillerie que lors des quatre premiers jours de l’opération. Ce n’est que dans la nuit de samedi à dimanche que les pilonnages ont repris de manière plus ou moins intense. Auparavant, assure une source, les militaires devaient dégager des pistes avec le concours des démineurs, préparant le terrain pour un autre coup de force dans les entrailles du massif de Boumahni, spécule-t-on. Une autre offensive prévue pour la fin de la semaine, promet presque une autre source, pour rappeler que le délai imparti par la charte pour la paix et la réconciliation expire au même moment. En tous les cas, à Drâa-El-Mizan comme partout à travers le sud de la wilaya de Tizi- Ouzou on ne perd rien pour attendre de connaître le fin mot de cette opération qui semble avoir d’ores et déjà marqué les esprits. A. M.

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