Le procès dans l’affaire BADR de Birkhadem- Digimex, autrement celle des 1200 milliards détournés, s’est ouvert hier au tribunal criminel de Bir-Mourad-Raïs. Pour une consultation approfondie du dossier, la juge en a décidé le renvoi au 10 septembre prochain. En tout, elles sont 25 personnes à rendre compte de chefs d’inculpation de dilapidation de deniers publics, de complicité dans la dilapidation de deniers publics. Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Parmi ces 25 prévenus, 9 se trouvent placés sous mandat de dépôt et 2 sont en fuite. Selon l’arrêt de renvoi du juge instructeur, le volume du préjudice financier causé à la Banque du développement rural (BADR) est de l’ordre de 1200 milliards de centimes, des suites de manœuvres et d’opérations financières frauduleuses pratiquées depuis 2002. Au courant du 1er semestre 2005, les services de lutte contre la délinquance financière relevant de l’ex-ONRB, alertés, ont mené l’enquête et ont mis à nu les procédés usités par le patron et d’autres responsables de Digimex pour accomplir cette escroquerie. Les responsables de Digimex, une société spécialisée dans l’importation des matériaux de construction et de céréales, se présentaient à la BADR de Birkhadem où était domicilié le capital de l’entreprise munis de prête-noms et faisaient croire que Digimex a procédé à des transactions commerciales avec des entreprises tierces, sans que les montants soient réellement réglés par les supposés clients de Digimex. Autrement dit, des clients virtuels pour des transactions tout autant virtuelles. Le procédé permettait à Digimex de créer de la monnaie. La société Digimex a pu opérer ainsi parce qu’elle disposait d’une ligne d’escompte au niveau de l’agence BADR de Birkhadem. Une ligne d’escompte qui lui permettait, rien qu’avec la présentation d’un prête-nom, de retirer de l’argent de ses transactions avec d’autres sociétés. Ainsi, Digimex prétendait à des crédits colossaux auprès de la BADR. Des crédits qu’elle obtenait grâce aux complicités entretenues avec des responsables et des agents de cette banque. Sur le montant global du dommage financier causé à la BADR, pas moins de 500 milliards représentent le montant des prête-noms. Par ailleurs, dans l’arrêt de renvoi, il est fait mention d’un crédit de l’ordre de 1,8 milliard de dollars obtenu par le patron de Digimex sur la base d’une simple demande écrite, laquelle a été transmise à la direction générale sans aucun dossier de joint. De plus, l’expertise financière diligentée par le tribunal de Bir-Mourad- Raïs a fait apparaître que le groupe Digimex, qui dispose de sociétés-écrans et de pseudofiliales, a bénéficié d’un crédit d’investissement de 7 milliards de dinars sans aucune étude de faisabilité et aucune garantie de remboursement des engagements à échéances. S. A. I.
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