L’Algérie et l’Allemagne signeront, avant la fin de l’année en cours, un accord bilatéral de non double imposition au profit des opérateurs économiques des deux pays. Un accord qui renforcera la coopération économique bilatérale, selon le ministre algérien des Finances, Mourad Medelci, et la chargée d’Affaires de l’ambassade d’Allemagne à Alger, Mme Elisabeth Wolbers. Selon celle-ci, un tel accord démontre la bonne santé financière et économique de l’Algérie, engagée dans un processus de développement, ainsi que la volonté de l’Allemagne de développer ses relations avec notre pays. Qualifiée d’excellente et de prometteuse, cette coopération bilatérale est appelée à s’intensifier notamment dans le volet banques et assurances. Une coopération, au demeurant, consolidée grâce à la signature hier, au siège du ministère des Finances, d’un accord, le 17ème du genre, sur le remboursement par anticipation d’une partie de notre dette rééchelonnée contractée avec la République fédérale d’Allemagne (RFA). Par le biais de cet accord partiel, notre pays remboursera, au 31 août 2006, un montant de 387 millions de dollars couvrant les dettes contractées au titre de la coopération financière ainsi qu’une partie des dettes commerciales. Les deux pays poursuivront leurs négociations pour le remboursement des dettes commerciales restantes, au montant de 372 millions de dollars. A ce propos, Mourad Medelci a affiché son optimisme sur la signature, dans quelques semaines, d’un deuxième accord partiel avec l’Allemagne, permettant l’apurement en totalité de la dette avec la RFA. Ce qui permet à notre pays de pouvoir clore le processus de mise en œuvre de l’accord multilatéral paraphé en mai dernier avec le Club de Paris qui regroupe nos créanciers publics. Un tel accord permettant le remboursement anticipé, au pair et sur une base volontaire, de 7,9 milliards de dollars de la dette rééchelonnée en 1994 et 1995 et qui devait être remboursée entre le 30 novembre 2006 et le 30 novembre 2011. Cela même si l’Allemagne qui a signé cet accord multilatéral, affichant sa volonté d’y souscrire, a tardé à conclure l’accord bilatéral la concernant. Un retard motivé par des considérations d’ordre budgétaire et liées à l’implication de plusieurs départements ministériels allemands, selon la chargée d’affaires, évasive sur la valeur du taux d’intérêt de cet endettement. En fait, la dette avec l’Allemagne, à montant de 759 millions de dollars, est l’une des plus chères avec des taux d’intérêt avoisinant les 11%. Ce faisant, en remboursant cette dette partielle, l’Algérie avance dans l’exécution de son engagement avec le Club de Paris. En effet, sur les 7,9 milliards prévus, notre pays a déjà remboursé plus de 5 milliards de dollars, le montant restant dont l’endettement partiel avec l’Allemagne et celui avec l’Italie devant être remboursé avant l’échéance finale du 30 novembre 2006. Et en rappelant que les Etats-Unis, également membres du Club de Paris, n’ont accepté le remboursement par anticipation que de la moitié de notre dette contractée avec eux. En effet, sur les 1,2 milliard de dollars de dette globale, la moitié a été agréée au remboursement anticipé (625 millions de dollars) et les 50% restants seront honorés normalement selon leur échéancier de paiement. Outre l'Allemagne, sont ainsi remboursés par anticipation l'Italie (1,7 milliard de dollars), le Japon (445 millions de dollars), la Suisse (66 millions), la France (1,6 milliard de dollars), le Portugal (20 millions de dollars), les Pays-Bas (45 millions), la Belgique (225 millions), le Danemark (54,3 millions), l'Autriche (369 millions), les Etats-Unis (625 millions de dollars), l'Espagne (690 millions de dollars), le Canada (255 millions), la Suède (92 millions), la Norvège (15,6 millions), la Finlande (11,8 millions) et la Grande-Bretagne (202 millions de dollars). Voire, l’Algérie a, selon Mourad Medelci, remboursé depuis le début de l’année quelque 13 milliards de dollars. Ce dernier montant comprenant ce qui a été remboursé au titre de l’accord avec le Club de Paris outre les 4,7 milliards de dollars de dette effacée en mars dernier par la Russie en contrepartie de l’achat par notre pays de biens et de services russes dont des équipements militaires. Cela en rappelant que la Russie, membre du Club de Paris, n’était pas concernée par l’accord multilatéral. Chérif Bennaceur
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