Lundi 28 Août 2006
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Périscoop : BAZOOKA
Froid dans le dos (2)
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr.


Au lieu de «savourer» béatement la victoire du Hezbollah, notre Premier ministre aurait dû tirer les grandes leçons de cette agression contre le Liban et méditer sur les facteurs politiques qui l’ont rendue possible.
Mais l’Algérie n’a pas besoin de réfléchir. Elle s’est même permis de donner des leçons aux patriotes libanais alors qu’elle devait en prendre modestement, très modestement. Mais faire l’analyse politique de cette confrontation majeure par ses conséquences aurait ruiné toutes les politiques mises en œuvre par le pouvoir. Commençons par la première. Le pouvoir nous a expliqué que la loi sur les hydrocarbures nous a été imposée de l’extérieur. Comment ? Au moyen de quelles pressions ? En agissant sur quels relais ? Et donc, logiquement, nous avons cédé à de simples pressions ou des menaces non précisées. Si les libertés politiques, syndicales et d’expression étaient respectées dans notre pays, des manifestations de masse auraient aidé le pouvoir à résister à ce genre de pressions. L’existence d’une réelle démocratie et d’une opinion publique aurait été un moyen puissant de dire face aux pressions : il est impossible de vous satisfaire sans créer de sérieux problèmes ! Or, le pouvoir a affronté ou accepté ces pressions en solitaire, refusant d’engager le débat avec le Algériens et tous les partis politiques pour dégager des consensus sur les questions majeures qui déterminent l’avenir du pays : la défense nationale, la politique étrangère, la monnaie. A l’unité consciente et réfléchie des Algériens, construite sur des débats et des efforts pédagogiques, au respect des partis et organisations politiques et syndicales, il a préféré l’unicité imposée et factice. Bien sûr, ce débat aurait mis un terme au sultanisme actuel et conduit à réfléchir les questions du pouvoir autrement que par la vénération d’un homme providentiel. Alors il n’est pas question pour le pouvoir de tirer les leçons de l’agression contre le Liban et constater que ce pays n’a tenu que par la démocratie qui a permis aux patriotes et à tous les citoyens de mesurer leurs intérêts communs, les facteurs qui les unissent et à mettre à leur place les vecteurs de division. La démocratie comme facteur décisif de la politique de défense nationale et des intérêts de l’Algérie ; voilà ce qui n’entrera pas dans la tête du pouvoir. Jamais ! M. B.

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