
Monde : IRAK Deux attentats lézardent le plan de sécurisation de Baghdad
Deux attentats ont tué au moins sept personnes à Baghdad dimanche, après une accalmie provoquée par le déploiement de nombreux soldats et policiers dans la capitale et au lendemain d'une réunion de chefs tribaux appelant à la réconciliation nationale. Peu avant 12H00 (08H00 GMT), un attentat a eu lieu rue Saadoun, dans le centre-ville, près du célèbre Hôtel Palestine, tuant au moins cinq personnes et faisant 15 blessés. Jadis très fréquenté par des étrangers, l'hôtel, protégé par de hauts murs et dont la façade portait déjà les traces de précédents attentats, avait notamment été la cible d'une attaque suicide qui avait fait au total 17 morts en octobre 2005. Un premier attentat suicide visant le quotidien gouvernemental Al-Sabah a tué deux personnes et fait 25 blessés, vers 08H45 (04H45 GMT), à Waziriyah, dans le nord de Baghdad. "Un terroriste conduisant une camionnette a forcé son passage sur le parking, les gardes ont ouvert le feu et le kamikaze s'est fait exploser", a affirmé à l'AFP Karim Al- Roubaï, responsable du service Internet du journal. Quatre gardes du corps de l'ancien vice-Premier ministre sunnite, Abed Motlak al- Joubouri, ont été abattus hier à Amariyah, dans l'ouest de Baghdad. Samedi, la police avait découvert les corps de 20 personnes assassinées par balles dans Baghdad et ses environs. Ces actes de violence surviennent au lendemain de la réunion à Baghdad de plusieurs centaines de chefs tribaux, qui ont signé un "pacte d'honneur" pour faire cesser les violences dans le cadre de la politique de réconciliation nationale du Premier ministre M. Maliki. Ils montrent la détermination des insurgés à poursuivre leurs actions dans la capitale, en dépit du plan de sécurisation "En avant ensemble", destiné à réduire les violences confessionnelles qui y ont fait des milliers de morts depuis le début de l'année. Après un échec du plan lancé mi-juin, Irakiens et Américains ont mis en œuvre début août une "deuxième phase", avec le déploiement de 30 000 Américains et Irakiens. La stratégie consiste à sécuriser des flots de violence avec notamment des fouilles systématiques des maisons, pour ensuite tenter d'étendre les zones sécurisées à toute la ville. La force multinationale a ainsi investi hier une partie du quartier d'Adhamiyah. Les violences ont baissé de 41% à Baghdad depuis le début du mois d'août, selon l'armée américaine. La situation reste instable dans le reste du pays : 17 Irakiens ont été tués hier dans des violences. Dans la région de Baaqouba, au nord de Baghdad, l'une des plus dangereuses d'Irak, six civils, parmi lesquels deux femmes, ont péri dans l'explosion d'une bombe artisanale à Khalès, à 20 km de Baaqouba. Deux civils ont été abattus sur la route au sud-ouest de Baaqouba et un troisième à Mafrak, à l'ouest de Baaqouba. Deux chauffeurs de poids lourds ont été tués par balles, également à l'ouest de Baaqouba. Un lieutenant-colonel de l'armée irakienne a aussi été abattu, dans sa voiture, entre Moqdadiyah et Baaqouba. Par ailleurs, la police a découvert hier les corps de deux personnes assassinées, près de Baaqouba. Des violences ont aussi eu lieu dans la région de Kirkouk, à 250 km au nord de Baghdad, où cohabitent à la fois des Kurdes, des Arabes sunnites, des Arabes chiites, ainsi que des chrétiens et des Turcomans. Quatre agents de la circulation, dont un officier, ont été abattus hier par des hommes armés sur une route à une cinquantaine de kilomètres au sud de Kirkouk. Plus tard, le siège local de l'Union patriotique de Kurdistan (UPK), le parti du président irakien Jalal Talabani, a été la cible d'un attentat suicide à la voiture piégée. Un garde kurde a été tué et seize personnes blessées lors de l'attaque, la troisième contre ce bâtiment depuis le début de l'année, selon la police de la ville. Le 15 août, un attentat visant le siège de l'UPK à Mossoul (370 km au nord de Baghdad) s'était soldé par huit morts.
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