
Monde : USA Les opposants à la guerre poursuivent Bush sur le lieu de ses vacances
Plusieurs centaines d'opposants à la guerre en Irak ont poursuivi samedi le président George W. Bush sur le lieu où il passe de courtes vacances dans la résidence paternelle de Kennebunkport (Maine, nord-est)) pour réclamer le retour des troupes américaines. "Notre message au président Bush est le suivant : nous voulons que les troupes rentrent, nous voulons que la démocratie soit restaurée, nous voulons que vous cessiez de fouler aux pieds les droits civiques", a déclaré aux journalistes la principale organisatrice de la manifestation, Jamilla El-Shafei. Selon le chef de la police de Kennebunkport, Joseph Bruni, et les organisateurs eux-mêmes, six à sept cents manifestants ont marché à travers Kennebunkport, aux cris de "cessez de financer la guerre, ramenez les soldats à la maison maintenant". Ils sont allés jusqu'à Walker's Point, face à l'Atlantique, où se trouve la propriété de l'ancien président George Bush. Son fils et actuel chef de l'exécutif y est arrivé jeudi et devait y rester jusqu'à dimanche, le temps d'assister à un enterrement et un mariage, de s'adonner à la bicyclette et à la pêche, et de prendre un peu de repos. Les manifestants, qui brandissaient des pancartes "on nous a abusés et des dizaines de milliers de personnes ont été tuées" ou "vous n'aurez pas la vie de mon fils pour du pétrole", n'ont pas pu voir M. Bush. Sur la route longeant le rivage, ils ont été arrêtés par le barrage de sécurité bloquant l'accès à la résidence. Mais la marche de ces pacifistes à travers la coquette cité de Kennebunkport avait des échos des manifestations de la militante Cindy Sheehan qui avaient perturbé les vacances de M. Bush en août 2005 dans son ranch texan. "Ce que nous voulons, ce n'est pas pourrir ses vacances. Les gens demandent : comment pouvez-vous gâcher ses vacances ? Je ne vois même pas comment il peut imaginer prendre des vacances alors que des gens sont en train de mourir", a dit Mme El-Shafei, ceinte de l'écharpe palestinienne. Dans une grande partie de l'opinion, c'est aussi pour échapper à Cindy Sheehan que M. Bush a réduit cette année à une dizaine de jours ses vacances texanes début août qui avaient été troublées non seulement par les manifestations mais aussi par l'ouragan Katrina qui avait frappé la Nouvelle- Orléans. M. Bush, reclus dans sa propriété, avait longtemps paru absent au moment où les éléments semaient la mort sur la côte sud des Etats-Unis. Un an après cette catastrophe, M. Bush consacrera les journées de lundi et mardi au Mississippi et à la Nouvelle- Orléans qui tentent de se redresser. Dans son message radiophonique hebdomadaire, M. Bush a reconnu samedi qu'il faudrait du temps pour réparer les dégâts. Mais il s'est engagé à maintenir l'effort gouvernemental pour faire en sorte que la débâcle des autorités fédérales constatée en 2005 ne se reproduise pas. Il commémorera ensuite le cinquième anniversaire du 11-Septembre alors que le terrorisme et la guerre en Irak demeurent en tête des préoccupations des Américains, indiquent les sondages. Samedi a confirmé combien l'engagement militaire divisait profondément les Américains, deux mois et demi avant des élections parlementaires dont cette question sera un thème majeur. Gretchen Kamilewicz, dont le fils Benjamin vient de rentrer d'Irak où il a failli mourir trois fois selon elle et dont le mari Dexter est candidat à la Chambre des représentants dans le Maine, a estimé que M. Bush ferait bien "de sortir la tête de son trou ou alors d'envoyer ses deux propres filles là-bas". Marge Trowbridge s'est elle attirée quelques quolibets en s'invitant en tête du cortège pour affirmer son soutien à Bush et crier : "Au secours, je suis entourée d'imbéciles". Quant à Jan Van Eck, il trouvait "ridicule" que des gens manifestent le jour où M. Bush célébrait un mariage dans sa famille. "Comme le président l'a déjà dit, les Américains sont libres de protester", a réagi la porte-parole adjointe de la Maison Blanche, Dana Perino, "la liberté de parole est un droit fondamental dans notre pays, ce qui diffère fondamentalement des desseins des terroristes".
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